Alzheimer : quand l’oubli devient fatal

Alzheimer : quand l’oubli devient fatal

Au Maroc, on estime le nombre de personnes touchées par Alzheimer à près de 150000. Un chiffre appelé à augmenter inexorablement. Particulièrement redoutée, la maladie d’Alzheimer l’est d’autant plus qu’elle est pour l’instant encore incurable. Focus sur cette maladie à l’occasion de la journée mondiale d’Alzheimer.

Maladie tout aussi redoutable que redoutée, Alzheimer est la bête noire des plus de 65 ans. Et pour cause, La maladie d’Alzheimer touche à l’autonomie, à la personnalité et à l’identité des personnes atteintes. Elle entraine en fait une dégénérescence des neurones, altérant progressivement et de façon irréversible les facultés mentales, en particulier, la mémoire. Dans le langage courant, on appelle cela une démence. Une maladie difficile tant pour les patients que pour leur entourage, et contre laquelle la médecine n’a pas encore trouvé de traitement très efficace. Il importe aussi de clarifier qu’il s’agit d’une véritable maladie, et non d’une conséquence inéluctable du vieillissement, même si l’âge reste le facteur de risque le plus déterminant.

Le cheminement de la maladie

La maladie débute par des pertes de mémoire, qui touchent les événements récents. Ces troubles de mémoire, banals au début, vont s’aggraver progressivement et entraîner par la suite des oublis plus préoccupants qui vont gêner l’activité quotidienne (comme oublier de payer des factures, oublier des rendez-vous importants, oublier de fermer le gaz…). Le malade aura ensuite tendance à poser encore et encore les mêmes questions parce qu’il oublie les réponses qu’on lui fournit. L’amnésie touche dans une prochaine étape les souvenirs anciens. Avec l’évolution de la maladie, d’autres signes vont s’installer, comme des difficultés à effectuer des tâches familières (par exemple préparer un repas).

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Le malade peut également présenter des difficultés de langage. Il ne trouvera plus les mots pour s’exprimer.  Enfin, ce sont les troubles de jugement ou encore d’orientation qui arrivent, inéluctablement. Le patient présente aussi des troubles de la reconnaissance de ses proches, des difficultés à utiliser les objets usuels, puis une perte d’autonomie (pour se laver, s’habiller, manger, …). A ce stade peuvent s’installer des troubles du contrôle urinaire, des  troubles du comportement, tels qu’une agitation, une irritabilité, de l’agressivité, des idées délirantes ou des hallucinations, des troubles du sommeil ou de l’appétit. Au dernier stade de la maladie, des troubles moteurs s’installent…

Origine mystérieuse

Le tableau de l’évolution de l’Alzheimer est à tout point dramatique: troubles amnésiques, quelquefois moteurs, raisonnement et langage altérés, réduisant à néant les capacités culturelles, professionnelles et sociales de la personne malade. La perte d’autonomie survient inéluctablement avec l’évolution de la maladie. Les malades doivent, dans les cas extrêmes, être surveillés comme des enfants, épaulés pour les tâches les plus simples, secondés pour les démarches les plus basiques.

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C’est donc à juste titre si la maladie fait aussi peur. Elle est d’ailleurs d’autant plus redoutable que son origine reste mystérieuse. En effet, et contrairement à d’autres affections, les causes de la maladie d’Alzheimer sont difficiles à identifier. Aujourd’hui, les experts s’accordent sur l’influence de plusieurs facteurs, comme pour de nombreuses maladies chroniques. Parmi les facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer, les deux principaux sont non-modifiables. D’une part, le risque de survenue de la maladie augmente de manière exponentielle avec l’âge. D’autre part, les femmes sont plus souvent touchées. L’hypertension artérielle, le diabète ou l’excès de cholestérol peuvent également favoriser la survenue de la maladie d’Alzheimer. Les spécialistes estiment par ailleurs que le niveau d’éducation et la santé mentale sont des facteurs qui peuvent influer sur la maladie. Ainsi, la dépression chronique et une scolarité plus courte augmentent les risques de sa survenue.

Diagnostic et prévention

Tout ceci rend l’Alzheimer encore plus redouté, d’autant plus que pour l’heure, aucun traitement n’a été trouvé pour guérir cette maladie. Les médicaments existants peuvent certes améliorer les symptômes, stabiliser les troubles, ralentir la perte d’autonomie, mais ils ne stoppent pas le processus évolutif de la maladie.

Pour l’instant, inciter au dépistage précoce de la maladie reste l’unique solution pour retarder au maximum les effets les plus dévastateurs de l’Alzheimer. Le diagnostic se fait grâce à une série de tests d’évaluation de l’état des fonctions cérébrales et par imagerie (scanner ou IRM).  La prévention pourrait être identique à celle recommandée pour d’autres maladies dégénératives. Consommer des oméga-3 et pratiquer de l’exercice physique pour irriguer son cerveau quotidiennement seraient très préventifs. Il faut aussi stimuler la mémoire pour favoriser de nouvelles connexions entre les neurones et vivre dans un environnement qui facilite les échanges. Bien sûr, il est par ailleurs conseillé de lutter contre l’hypertension, le diabète et l’obésité.

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Sachez enfin que cette maladie si particulière déroute tout autant ceux qui en souffrent que ceux qui sont au contact quotidien avec les malades. Pourtant, même diminués, ces femmes et ces hommes restent des personnes sentimentales qui conservent une extrême sensibilité, chacun se doit donc de les comprendre et de respecter leur dignité.


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