Cinéma : l’image de la femme en débat

 Cinéma : l’image de la femme en débat

La rencontre avec le cinéaste Nabil Ayouch sur « L’image de la femme à travers le cinéma marocain » organisée par Joussour Forum des Femmes (FFM) ambitionne de rapprocher les actions et les multiples combats cumulés depuis plusieurs années par le mouvement féminin et certains réalisateurs dont Nabil Ayouch.

 

 

Le cinéaste Nabil Ayouch traite souvent de la thématique de la femme dans ses films. La rencontre initiée par Joussour Forum des Femmes avait pour but de rapprocher ces deux intervenants qui travaillent chacun de son côté et pourtant pour un même objectif.
Ont pris part au débat, sous la présidence de Rhizlaine Benachir, vice-présidente de Jossour FFM, Halima Zine El Abidine, écrivaine et militante pour les droits des femmes, Maryam Touzani coscénariste et actrice, ainsi que Amina Saibari, poète et critique de cinéma. Etaient aussi présents plusieurs acteurs et actrices de la société civile et de droits humains, des militantes des droits des femmes, des universitaires, des médecins, et des jeunes.
Le cinéaste Nabil Ayouch producteur et réalisateur de plusieurs  films qui portent les femmes et attisent le débat au sein de la société a expliqué que « le cinéma reflète, très en dessous du réel, la situation des femmes sachant que l‘image a un grand pouvoir, elle est pénétrante et interpelle les personnes ». Le mouvement féminin, de par sa longue histoire de militantisme, ses luttes continues pour les droits des femmes, les interpellations multiples de Nabil Ayouch dans ses réalisations cinématographiques, basées sur la réalité marocaine, pourraient constituer l’une des clés, sinon la clé, pour  changer les mentalités.

Beaucoup de verrous à défoncer !

Selon le réalisateur, « il faut casser les tabous même s’il y a beaucoup de verrous à faire sauter, il faut le faire car c’est un choix. Une remise en question incontournable et pressante conduirait à une action effective pour améliorer la représentation et la perception de la femme dans la société actuelle. Il y a une vraie bataille à mener, la structuration de notre société toute entière en dépend ».
La militante associative des droits des femmes Halima Zine El Abidine  a insisté sur l’importance du cinéma d’antan, surtout muet, « Plus éloquent et qui a plus d’influence, de par l’image, sur le changement des mentalités et pour montrer toutes sortes de femmes ». Amina Saibari, critique du cinéma a parlé de la présence des femmes dans les métiers du cinéma, comme actrices, réalisatrices, monteuses, dans le maquillage, le décor, la lumière, devant la scène ou derrière la caméra. « La femme n’a pas encore pris son dû comme il se doit, l’hommage n’ayant pas été rendu à toutes les femmes et il faudra améliorer encore plus l’image de la femme », estime Amina Saibari. Evoquant  Nabil Ayouch  et ses films, elle assure qu’ « avec ses films, il a attisé le débat sociétal entre les conservateurs et les libéraux, à travers ses films, tels que «Much Loved» qui raconte une réalité qui existe au Maroc, et aussi dans son film Razzia ».
La journaliste spécialisée dans le cinéma et actrice Maryam Touzani a relevé qu’« Ii faudrait mettre encore plus la lumière sur leur combat réel, d’autant plus que le rôle du cinéma, c’est de pouvoir questionner et de créer un débat. Que les lois changent ou pas, il est essentiel, en tant que réalisatrice, de pousser au changement des regards ».
Si les réformes juridiques et institutionnelles sont importantes ont tenu a rappelé les conférenciers, elles n’influent pas pour autant sur les mentalités. Mais l’art, en particulier le cinéma, a le pouvoir de secouer l’inertie des mentalités pour qu’elles épousent leur siècle et de combattre les idéologies obscurantistes qui les enchaînent.

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