Don‘t Forget me !

Don‘t Forget me !

Momo, Taha, Hamza et Othman et leur famille sont les acteurs du film « Dont ‘Forget me » (Ne m’oublie pas) réalisé par Jackie Spinner sur les enfants autistes au Maroc. Pour cette 1ère projection, la salle  est comble, le film est émouvant. Le quotidien des enfants et de leur famille est déchirant mais ce sont les témoignages de parents désemparés et en colère devant le silence  et la quasi-absence des autorités responsables.

 

Absence de spécialiste de l’autisme, absence de plan de santé, absence d’institutions et de structures de prise en charge des enfants, aucune  aide aux familles, le regard des autres, pour les familles, ce film est un cri de détresse. Un cri lancé pour alerter du silence des politiques ,des décideurs et des responsables de santé ,que ces enfants sont des citoyens marocains et ont des droits comme tous les autres enfants « L’autisme ce n’est pas qu’un problème de structures et de services adaptés,  l’autisme c’est d’abord un handicap lourd et sévère qui transforme la vie des familles, les épuise, fait des parents bien malgré eux des professionnels de l’autisme en les privant souvent de toute vie sociale » témoigne  le père de Othman, enfant autiste .

Faire un film pour changer la loi !

En 2017, Jackie Spinner, journaliste et ancienne directrice du Washington Post à Bagdad, revient au Maroc avec ses  deux enfants et une équipe de jeunes Marocains en herbe pour réaliser ce film. Le documentaire est inspiré de la vie de ces deux fils autistes, que Jackie Spinner, a adopté d’un orphelinat au Maroc quand ils étaient bébés « Dans un pays où les enfants autistes sont oubliés, comment apprenez-vous à vos enfants à survivre sans vous? « Don’ t Forget Me » suit trois familles marocaines ayant des enfants autistes et dont les parents ont du mal à les éduquer » explique Jackie Spinner. «  Ce film est pour mes fils et leurs frères et sœurs autistes au Maroc. On ne voulait pas juste réaliser un film mais beaucoup plus montrer le vécu et la détresse des familles. Ce  film est fait pour changer la loi »  rappelle  Jackie submergée par l’émotion.

Famille : l’union fait la force !

Le quotidien des familles des enfants autistes est difficile. Les scènes du film « Don’t forget me » le montrent parfaitement .Les enfants autistes sont des enfants qui bougent beaucoup, et sont souvent  difficiles à gérer. Les parents sont avec eux 24 heures sur 24  et sept jours sur sept, sans répit «  Aux nombreuses difficultés liées à cette pathologie, toutes les familles sont obligées de gérer tout. Les approches rééducatives telles que l’orthophonie, la psychomotricité coûtent chères .Nos enfants ne sont pas acceptés dans les écoles publiques, ce qui est pourtant un droit pour chaque enfant et avoir une AVS n’est pas dans les moyens de tous les parents «   témoigne un papa d’un autre enfant  autiste, les larmes aux yeux.

Heureusement que des associations sont créées de part et d’autre  par des familles afin de soulager  et de soutenir «  Bien qu’on ne fonctionne qu’avec peu de moyens et avec les moyens du bord, nous  nous retrouvons souvent entre maman et papa  pour parler des nombreuses difficultés du quotidien, pour partager nos expériences dans la gestion du quotidien,  on se soutient, on partage aussi  les expériences réussies » témoigne Zohour maman de Driss.

Les campagnes de sensibilisation et d’information sur l’autisme lancées par le collectif des associations luttant contre cette maladie, bien que rares, semblent nécessaires. « Pour mener à bien ce dispositif, la mobilisation de l’ensemble des parents, familles et aidants est nécessaire. Nous avons une meilleure connaissance sur l’autisme, et des compétences pratiques pour nous permettre de faire face à la situation de handicap tant sur le plan administratif que personnel. Echanger, créer des réseaux afin d’harmoniser les pratiques d’accompagnement en direction des personnes, accompagner les personnes avec autisme, créer des liens et de partager les expériences, car livrés à eux même, les parents, et famille connaissent souvent un parcours fait de solitude et d’incompréhension » indique une maman qui a crée récemment une association dans son quartier.

Pour la projection du film dans les écoles

Sur proposition de Jackie Spinner et des parents, une formation gratuite sera donnée dans les salles des écoles pour les éducateurs et auxiliaires de vie scolaires afin d’apprendre les meilleures pratiques et techniques à enseigner aux autistes y compris l’utilisation d’horaires visuels, de minuteries et des pauses de mouvement.

Ce film très impressionnant sera projeté lors du festival  du film de Rabat  et  sous la demande de plusieurs professeurs de collèges et lycées , ce documentaire sera projeté dans les classes  .Il aidera ainsi les jeunes à montrer plus de compréhension pour ceux qui sont un peu différents . Certes différents, mais à qui la Constitution  marocaine garantit non seulement le droit à l’éducation et tous les droits constitutionnels et surtout pas le droit à l’indifférence.

 

 

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