Essaouira : la fièvre Gnaoua s’empare de la ville

Essaouira : la fièvre Gnaoua s’empare de la ville

Inscrit dans l’agenda des festivals les plus prestigieux du monde, le Festival Gnaoua et Musiques du monde s’est bonifié avec l’âge. Et pour ses 20 ans, la magie a été au rendez-vous. Fabuleuse.

« C’est un rendez-vous culturel incontournable pour les personnes attachées à l’authenticité de la culture marocaine, pour les esprits épris de liberté et de progrès. Le festival incarne la vision d’un monde qui ne se pense pas comme clivage, il incarne  cette nécessaire altérité qui fait de nous tous une humanité« , nous disait il y a quelques années Neïla Tazi, fondatrice et productrice de ce Festival unique au monde. Ces paroles sont, plus que jamais, d’actualité. Ce rendez-vous musical de premier plan et qui a réussi à sortir Essaouira de l’anonymat et de l’isolement, est une magnifique preuve d’amour pour une cité, un genre musical, des musiciens et le patrimoine marocain et africain.

Tissé patiemment, avec amour, détermination et persévérance, ce rendez-vous culturel à la notoriété internationale bien établie, fête cette année ses 20 ans. Et on ne peut nier le rôle joué par ce festival dans l’essor économique et le rayonnement international de la cité des Alizés. On ne peut, non plus nier le rôle crucial de Neïla Tazi pour que jamais cette aventure musicale ne s’arrête, en dépit des difficultés et contraintes. « Notre engagement repose sur notre passion pour ce festival, sur notre amitié avec les Gnaoua pour lesquels nous souhaitons le meilleur et sur notre volonté de s’inscrire dans le développement durable. Lorsqu’on est engagé, lorsque la motivation première est la passion on avance avec foi et patience. Nous sommes fiers de voir que cet engagement apporte des résultats visibles. Le festival a eu un impact intéressant pour la vile d’Essaouira, pour la scène culturelle et musicale marocaine mais aussi pour la jeunesse et pour notre image dans notre propre pays et à l’international« , précisait encore Neïla Tazi.

Articulé autour des « valeurs de la liberté, de la convivialité,  de l’universalité et de la fraternité », le Festival offre, depuis son lancement, « un espace de culture gratuit et ouvert à tous », se positionnant, dès le départ, dans une démarche de pionnier. Laboratoire à ciel ouvert d’expérimentation et de fusion, le Festival a accueilli, dès ses débuts, les plus grands artistes et a donné lieu à des battle aussi mémorables qu’inoubliables.

Émotion, nostalgie et musiques

Les 20 ans de ce Festival (le bel âge) se conjuguent depuis hier jeudi 29 juin sur le ton de l’émotion, de la nostalgie et des découvertes. D’abord, un rendez-vous avec Band of Gnawa, un groupe créé en 2007 à l‘occasion des 10 ans du festival et qui rend hommage  au “ Band of Gypsys”, une formation créé par Hendrix en 69 et qui, à l‘instar des Stones, des Beatles ou Led Zeppelin a été directement influencée par les musiques du Maghreb et plus particulièrement par celle des Gnaoua.
Le vendredi 30 juin, sur la scène Moulay Hassan., c’est celui que l’on surnomme le Dylan Africain, en l’occurrence l’artiste sénégalais Ismaël Lô.

Lucky Peterson, une légende du blues offrira des moments d’exception au public le samedi 1er juillet à la scène Moulay Hassan à 21h45 , suivi  à 23h15 pour la fusion de la légende du Blues avec le Maâlem Mustapha Baqbou. « Avec beaucoup de poésie et une belle dose d’émotion, cette rencontre mêlera tagnaouite et groove imparable. Les deux maîtres vont attiser la braise d‘un feu de flammes, sur une rythmique implacable, et nous faire ressentir l’espoir et la rédemption », nous promettent les connaisseurs.

La scène Moulay Hassan sera bercée ce vendredi 30 juin à 20 h par les sons pur jazz de Bill Laurance. Pianiste, clavériste, compositeur, producteur et arrangeur britannique, ce musicien professionnel donnera un concert suivi d’une fusion avec le jeune et très prometteur Maâlem Khalid Sansi. D’autres fusions sont programmées au cours du Festival. Ainsi, on ne ratera sous aucun prétexte Les étincelles brûlantes du Blues et de la Tagnaouite le samedi 1er juillet (scène Moulay Hassan à 23h15) qui se déclinera en une fusion entre Lucky Peterson et Maâlem Mustapha Baqbou. Une autre fusion portera sur le « Mariage entre le Soufisme Indo-Pakistanais et la Tagnaouite « , proposée par Titi Robin, avec Mehdi Nassouli, Shuheb Hasan, Murad Ali Khan et Habib Meftah, le samedi 1er juillet, toujours à la Scène Moulay Hassan à 20h00. Sur la scène de la plage (samedi 1er juin à 00h00, « La Quête Inlassable de l’autre » donnera lieu à une fusion entre  Maâlem Abdeslam Alikane & Ray Lema….

Cette 20ème édition, comme le rappelle Neîla Tazi, est celle de la célébration. Mais aussi de la nostalgie qui se conjugue au présent avec le retour de  Ribab Fusion, Hindi Zahra (le vendredi 30 juin, au Borj Bab Marrakech à 19h00 ), Gnawa Diffusion (le vendredi 30 juin, à la scène de la Plage à 00h10) et Speed Caravan (samedi 1er juillet, à la scène de la Plage à 22h35).

Les places les plus emblématiques de la ville (la Place Moulay El Hassan, la plage pour les spectacles publics, en plus de la terrasse du Borj Bab Marrakech, Dar Loubane et Zaouia Issaoua) accueilleront la multitude de concerts et de fusions prévus tout au lond de ces trois jours.

Mais si la musique est omniprésente, les débats et les échanges d’idées ne sont jamais loin. Et pour la sixième année consécutive, le Festival accueille le Forum des droits de l’Homme autour de la thématique « Créativité et Politiques Culturelles à l’ère du Numérique » pendant les matinées des 30 juin et 1er juillet.

En somme, un festival à ne rater sous aucun prétexte.

 

 

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