Fawzia Talout Meknassi : Dar Maalma célèbre la femme artisane ! (Interview)

Fawzia Talout Meknassi : Dar Maalma célèbre la femme artisane ! (Interview)

Pour célébrer les dix années de sa création, le Réseau des femmes artisanes du Maroc- REFAM Dar Maalma organise à Casablanca un congrès  sous le thème « Droits économiques des femmes, vers un accomplissement et un renforcement du capital de l’artisanat féminin ». Mme Fawzia Talout Meknassi  Présidente Déléguée du Réseau des Femmes artisanes du Maroc, nous en dit plus sur cet évènement.

 

Le Réfam, Dar Maalma fête ses 10 années par  l’organisation du Congrès des Femmes Artisanes Africaines, comment va se dérouler ce grand évènement ?

Pour les 10 ans de création du Réseau des femmes artisanes du Maroc- Refam Dar Maalma, nous souhaitons organiser un événement à la hauteur des attentes de toutes ces femmes artisanes du Maroc, et qui sont selon les statistiques du HCP plus de 3 millions. Ces femmes sont exceptionnelles et méritent qu’on œuvre pour améliorer leur condition socio-économique. D’où le concept de cette année, un Congrès des artisanes africains et une exposition des produits des femmes artisanes du Maroc et d’autres pays d’Afrique. Nous escomptons une exposition de 300 artisanes, ceci vous donne une idée de l’ampleur, la variété et la richesse des produits qui seront présentés.  La thématique de la conférence débat est : « Droits économiques des femmes, vers un accomplissement et un renforcement du capital de l’artisanat féminin ».

Le Congrès des femmes artisanes Africaines et Dar Maalma expo se déroule à Casablanca au complexe administratif et culturel du ministère des Habous, quartier Riviera. Le lieu est en soi un vrai monument architectural traditionnel. La période est du 26 au 30 juin 2018. Nous avons enregistré à ce jour la participation de représentantes de 15 pays africains, en plus de quelques pays d’Amérique Latine et des USA.

Le Refam célèbre aussi ses dix ans d’existence. Parlez-nous un peu du parcours de ce réseau ?
Le Réseau des femmes artisanes du Maroc a été créé le 30 mai 2008, et nous avions eu l’insigne honneur de lancer nos travaux sous la Présidence effective de son Altesse Royale la Princese Lalla Meryem. 120 artisanes des différentes régions du Maroc en été membres fondateurs. 10 ans après, elles ont dépassé les 3000 artisanes de toutes les régions du royaume. Les femmes artisanes marocaines sont exceptionnelles, elles sont courageuses, travailleuses, et font preuve de beaucoup de sacrifices et abnégation. Ensemble, au Réfam Dar Maalma, nous avons réalisé de très beaux événements et assuré un programme de formation qui a servi à améliorer les capacités managériales des bénéficiaires. En 2013, et désireux de s’inscrire dans les orientations au plus haut niveau de l’Etat, nous nous sommes ouverts à l’Afrique. Nous avions organisé une première rencontre des artisanes africaines à Laayoune et lancé l’appel de Laayoune pour la création du Réseau des femmes artisanes africaines.
Là on s’apprête à accueillir plus de 100 artisanes de différents pays de notre continent et à échanger avec elles, et surtout offrir à nos artisanes des perspectives du marché africain. Il est à préciser que ce marché est demandeur et les artisanes africaines souhaitent apprendre certaines techniques du savoir détenu par les artisanes marocaines, notamment au niveau du tissage, de la broderie, du Caftan et autre.

Le Congrès va traiter « Les droits économiques des femmes artisanes», pensez-vous que le moment est venu pour renforcer la place de ces femmes artisanes qui font un travail remarquable dans l’économie et la société ?

Non seulement le moment est venu, mais le moment l’exige actuellement. Le Maroc a opté pour un cheminement vers le développement impliquant toutes les composantes de la société marocaine. Et les femmes artisanes en sont une composante importante à plus d’un titre. D’abord, elles ont un savoir. Notre pays gagnerait beaucoup en érigeant ce savoir en outil économique. C’est un réel potentiel économique non encore optimisé. En plus, compte tenu du niveau de formation faible de la plus part des artisanes,  elles sont fréquemment exploitées par de nombreux intermédiaires peu scrupuleux.

Des femmes de toutes les régions du Maroc estimées pat le HCR à plus 3 millions travaillent et vivent et font vivre leur famille grâce aux métiers  liés à l’artisanat. Ces femmes sont des micros et mono entrepreneurs. Leur travail n’est pas reconnu et non considéré.   Ce que nous faisons actuellement est un travail de lobbying  auprès des instances concernées et le grand public  pour faire prendre conscience de la situation de ces femmes.  Et, ainsi  renforcer la reconnaissance de leurs droits économiques et  favoriser la mise en place d’outils d’inclusion sociale telle la couverture sociale, (CNSS et AMO), d’une part, d’autre part encadrer et inciter les femmes à se présenter aux instances de décisionnelles que les chambres d’artisanat et Offrir aux jeunes de nouvelles niches d’auto emploi.

 

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