Hamid Bouhioui, l’artiste au pinceau  féminin 

Hamid Bouhioui, l’artiste au pinceau  féminin 

Artiste peintre et acousticien, Hamid Bouhioui vit au Canada.  Il exploite différentes techniques acrylique, aquarelle et  monotype pour représenter la femme qui acquière sous son pinceau un statut privilégié.  Du 27 mai au 26 juin 2021, l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour  les Marocains Résidant à l’Etranger accueille les œuvres récentes de Hamid. L’exposition « Shifting Shapes» ou « formes changeantes » marque une période transitoire dans l’approche picturale de cet artiste. 

Hamid Bouhioui est un artiste maroco-canadien qui pratique les arts plastiques depuis l’enfance. Né à Casablanca, il est repéré, à l’âge de 14 ans, par son professeur de dessin qui lui organise sa toute première exposition dans la salle des professeurs du collège. Après l’obtention de son baccalauréat, il part étudier à Compiègne en France où, quelques an- nées plus tard, il obtient son doctorat en acoustique et suit des cours de perfectionnement en dessin et en peinture à l’école des beaux-arts de la même ville. Après son doctorat, il s’en va vivre au bord de l’Océan Pacifique dans la ville de Vancouver au Canada. Là-bas, il continue à peindre, et expose ses œuvres dans diverses galeries canadiennes mais aussi au Maroc et ailleurs.

L’exposition « Shifting Shapes» ou « formes changeantes est  la première exposition individuelle du peintre depuis un bon moment. Pourquoi le choix de ce titre ,l’artiste dira « Pendant que je préparais les œuvres pour cette exposition, j’ai eu le sentiment d’être dans une sorte de bifurcation. Je ne sais pas si cela sera visible sur mes œuvres, mais ce qui est sûr est que quelque chose était en train de changer dans mon approche picturale. Un des phénomènes les plus étranges en peinture est l’impossibilité de décrire certains sentiments avec des mots. Ce sentiment de changement en est un ».

L’exposition  « Shifting Shapes» regroupe plusieurs portraits de femmes,mais qui sont  ces femmes?  Hamid dira « On me pose souvent cette question car je ne peins que des sujets féminins. Et à force de me la poser moi-même, j’ai fini par trouver une des raisons probables : J’ai perdu mes parents quand j’étais très jeune et j’ai été essentiellement élevé par mes huit sœurs. J’ai donc passé la quasi-totalité de ma jeunesse entouré des visages bienveillants et protecteurs de mes sœurs. Et plus tard, lorsque je suis allé étudier en France et ensuite au Canada, j’ai spontanément cherché de la compagnie féminine avec laquelle je me suis toujours senti plus à l’aise. Je n’ai presque jamais éprouvé le besoin de peindre des hommes. Et aujourd’hui, je ne me pose plus ces questions. Je me laisse guider par mon instinct sans trop analyser mon comportement ».

 « Si l’art n’offre pas la liberté, quelle autre activité peut le faire? »

Faisant recours aux techniques de l’acrylique  et à l’écriture dans les tableaux ,cet artiste met en valeur ses toiles par des créations sonores. Interrogé , Hamid explique « Personnellement, j’exprime ce dont je ne peux pas parler par la peinture et ce dont je peux parler par l’écriture. J’ai publié des dizaines de textes et j’éprouve toujours, en plus de peindre, le besoin d’écrire. En fait, je ne me pose pas de barrières et je me permets souvent de mêler les mots aux formes dans mes œuvres. » Si l’art n’offre pas la liberté, quelle autre activité peut le faire ? je m’exprime librement sans me poser de questions. Comme je suis de formation acousticien, je vois des formes dans le son et je perçois des sons dans les formes. Et pour exprimer ce sentiment étrange, j’ai dû monter à deux reprises des expositions d’art sonore. Cela m’a permis d’exprimer des sentiments particuliers que je ne pouvais ni peindre ni décrire avec des mots. N’est-ce pas justement cela la fonction de l’art ? ».

Les œuvres visuelles qu’il expose  à la galerie «Espace Rivages» ,ces silhouettes voluptueuses et sensuelles sont peintes « avec une maîtrise incontestable du dessin et avec des couleurs d’un juste rapport de tons . Une belle exposition dans une belle salle et une opportunité pour notre artiste « En plus, je suis très heureux d’exposer au Maroc et de retrouver le public de Rabat car ma dernière exposition de peinture avait eu lieu à Montréal au Canada. Je profite de cette occasion pour remercier les gens qui ont rendu cette exposition possible, et en particulier l’équipe de l’Espace Rivages pour leur accueil, leur professionnalisme et leur sympathie » .

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