Mohammed Zouaoui, peintre du Neckar !

Mohammed Zouaoui, peintre du Neckar !

On le nomme « le peintre du Neckar » en référence au fleuve qui a marqué sa création. L’artiste-peintre et sculpteur,  maroco-allemand Mohammed Zouaoui réside, depuis les années soixante-dix, dans la région Souabe en Allemagne. « zwei ansichten, deux regards »  est sa première exposition au Maroc, son pays  natal qu’il aime et chérit tant.

 

Mohamed Zouaoui confiera « Quant à cette exposition à l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour les MRE, je n’ai pas de mots pour exprimer ma gratitude. Exposer au Maroc après toutes ces années vécues  à l’étranger est très symbolique pour moi. Je remercie infiniment pour cette belle initiative qui permet aux artistes marocains vivant à l’étranger d’exposer à Rabat, dans des conditions agréables. Cette attention me touche énormément ».

Faire découvrir au public marocain ces paysages allemands et marocains, partager ce double regard suite à ses nombreux voyages entre les deux pays, c’est le but escompté  du peintre du Neckar « Le Neckar était le thème de la plupart de mes tableaux, l’association des artistes würtembergischerKunstverein Stuttgart, suite à  la décision d’un jury d’artistes et de critiques d’art, m’ont attribué ce titre » explique Zouaoui.

« Zwei Ansichten » sont les deux regards que  porte  l’artiste sur le Maroc et sur l’Allemagne, sur leurs paysages, leurs fleuves,  leurs peuples « Quand je suis au Maroc, j’ai l’impression, des fois,  d’être dans la région de Ludwigburg, tellement la ressemblance entre certains paysages est frappante. La seule différence reste la verdure des paysages en Allemagne et leur sécheresse dans certaines régions du Maroc. Pour cette exposition, j’ai créé des tableaux qui mettent en exergue ces ressemblances notamment à travers: « paysage d’Aday à Tafraout »et « Frankische-schweiz, Bayern »ou encore « le Paysage d’Ahansal, Azilal »  et « Brechtesgarden, Bayern ».

« J’aime créer ce climat de partage » 

Mohammed Zouaoui porte une attention incessante aux variations de la lumière et des couleurs. Il nuance les ombres et les lueurs afin de créer une impression par la représentation des différents motifs : cathédrales,  mosquées, fleuves, paysages, scènes du quotidien « Les couleurs  sont les mêmes, la composition du tableau  ne change pas non plus, c’est la lumière qui est différente. Le Maroc est connu pour sa lumière unique qui a émerveillé des peintres comme Delacroix et qui m’émerveille également. Par ailleurs, je diversifie les techniques, aquarelle, huile sur toile, encre sur toile, indépendamment des thèmes ». Souvent le spectateur reconnait le lieu où il habite, les paysages ,les saisons, un moment de la journée « Les habitants de la région se retrouvent dans mes tableaux. Je suis content de les entendre dire, c’est ici que vivait ma mère, c’était mon école, j’aime créer ce climat de partage »

« L’art a contribué à mon intégration »

Mohamed Zouaoui est né en 1949 et a grandi à Khouribga. En 1968, il s’est installé à Casablanca pour poursuivre des études de comptabilité. Ayant un penchant pour l’art et la peinture, il allait souvent à la médina de Casablanca pour peindre avec les artistes  qui s’y trouvaient pour réaliser des portraits à la demande .Après Paris, c’est en Allemagne que Zouaoui élit domicile « La société allemande m’a bien accueilli, il faut dire que l’art a contribué à  mon intégration. Les Allemands apprécient les personnes sérieuses et les aident. J’ai beaucoup appris de la société allemande, de leur ponctualité et de leur efficacité. Le fait que je sois artiste m’a ouvert beaucoup de portes en Allemagne. En tant qu’artiste émigré, la société allemande m’a beaucoup encouragé, les centres m’ont ouvert leurs salles pour exposer, les artistes et les officiels m’ont soutenu. J’ai souvent exposé des tableaux qui représentent  des paysages marocains et  qui ont eu du succès notamment auprès des Allemands qui ont déjà visité le Maroc ».

De tous ces tableaux exposés au Rivages, un seul a une place particulière à son  coeur. Une magnifique toile intitulée « Sersheim dans la neige » qui n’est autre que sa ville d’accueil, celle qui lui a tout donné, et où passe le fleuve qui a marqué sa création, le Neckar.

« Zwei ansichten, deux regards » du 16 novembre au 15 décembre 2017 à l’Espace Rivages. Rabat.

 

 

 

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