Philosophie : polémique autour d’un manuel d’éducation islamique

Philosophie : polémique autour d’un manuel d’éducation islamique

Les 21, 22 et 23 décembre, les enseignants de philosophie ont tenu des sit-in pendant les récréations pour protester contre le contenu d’un chapitre dédié à cette matière dans le manuel d’éducation islamique de la première année du baccalauréat.

 

Si la réforme des manuels scolaires, intervenue après un rappel à l’ordre du Roi Mohammed VI ont eu lieu au début de la rentrée scolaire de septembre, il semble qu’il reste encore beaucoup à faire pour expurger ces manuels des sens négatifs, sexistes ou péjoratifs qu’ils contiennent. Cette fois-ci, c’est l’Association marocaine des enseignants de philosophie (AMEP) qui est montée au créneau, jugeant le contenu d’un texte « diffamatoire », prônant la haine. En effet, le chapitre en question, intitulé « Philosophie et foi » s’appuie sur les interprétations, selon notre confrère Tel quel, d’un spécialiste irakien du hadith shafi’i, qui prétend que « la philosophie est l’essence de la dégénérescence. C’est une matière de confusion et d’égarement qui est motivée par la perversion et le blasphème. Celui qui se livre à la philosophie se détourne de la bonté des grands aspects de la charî’a, qui sont corroborés par des preuves ».

Les enseignants de philosophie demandent purement et simplement le retrait du manuel incriminé. La réponse du département de Rachid Belmokhtar, sous forme de communiqué  publié le 19 décembre explique que « le réfèrent officiel de toutes les matières est le guide scolaire qui émane du ministère, dont les documents cadrent le travail éducatif (…) Le guide pour l’éducation islamique se réfère au principe de modération et du juste milieu, à même de répandre les valeurs de tolérance, de paix et d’amour ».

philosophie

M.A.L.I. (Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles) s’est également joint à ce mouvement de protestation. Le mouvement « s’accorde sur la légitimité et la nécessité de la matière qu’est la philosophie (…) Les élèves ont besoin d’être mieux armé-e-s intellectuellement pour comprendre les nouvelles questions que soulèvent la société d’information, les enjeux des progrès scientifiques et techniques, les valeurs humaines universelles ».M.A.L.I. réclame la suppression de l’éducation islamique de l’enseignement, et l’instauration du principe de la laïcité, seul garant d’un bon fonctionnement de l’école publique.

 

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