Il suffit parfois d’un passage dans un rayon de livres pour faire une jolie découverte. « Contes du Maroc », de Faouzia Mbirko, illustré par Amina El Amrani, en est une. Ce livre rappelle que le patrimoine oral ne demande qu’à être raconté, transmis… et illustré.
Publié en 2019 aux éditions Chaaraoui, ce recueil de 198 pages rassemble douze contes inspirés du patrimoine oral marocain. Des histoires où se croisent princesses, orphelins, fées, animaux, personnages sages ou malicieux, mais aussi des valeurs qui traversent les générations.
Une histoire de transmission
À l’origine de ce recueil, il y a une femme : Chama Mbirko (1897-1986), la tante de l’autrice. Une conteuse qui, lors des réunions familiales, savait captiver petits et grands et faire vivre, à travers ses récits, un monde merveilleux tout en transmettant des valeurs.
Après sa disparition, Fouzia Mbirko a repris le flambeau. Enseignante, elle a fait du conte un véritable outil pédagogique, d’abord à l’école primaire, puis au collège et enfin dans sa propre école maternelle.
Elle raconte avoir constaté les effets positifs de ces histoires sur les enfants, aussi bien dans l’apprentissage du français que dans leur comportement. Alors, pour que cet héritage ne se perde pas, elle a choisi de mettre ces récits par écrit.


Quand les mots rencontrent les images
À cette mémoire racontée par Fouzia Mbirko s’ajoute le regard graphique d’Amina El Amrani, autrice et illustratrice, dont le travail s’adresse particulièrement au jeune public.
Ses illustrations donnent une dimension visuelle à ces histoires et permettent aux jeunes lecteurs d’entrer autrement dans cet univers de contes.
L’une fait revivre la parole héritée d’une conteuse de la génération précédente. L’autre lui donne des formes, des couleurs et un visage pour les nouvelles générations.
Le patrimoine n’est jamais loin
« Contes du Maroc » rappelle finalement une chose toute simple : un patrimoine vivant est un patrimoine que l’on continue à raconter.
À l’heure où tant d’histoires circulent rapidement sur les écrans, retrouver dans un livre ces récits issus de la tradition orale marocaine a quelque chose de précieux.
Parce qu’un conte peut être ancien sans être dépassé. Il suffit parfois de lui donner une nouvelle voix… et de nouvelles images.
« Contes du Maroc », de Fouzia Mbirko, illustrations d’Amina El Amrani. Éditions Chaaraoui, 2019, 198 pages.