« Aji Tfham » dévoile son deuxième épisode : la recomposition géopolitique du Maghreb

Le documentaire « Aji Tfham » (Partie 2), est née de la vision de l’historien Nabil Mouline, chercheur au CNRS et auteur de références sur l’histoire politique du Maghreb, conçue scientifiquement sous sa direction exclusive, et portée à l’écran par le réalisateur Mustapha El Fekkak, alias Swinga. La série documentaire animée Aji Tfham est disponible gratuitement sur YouTube.

Porté par une ambition à la fois pédagogique et accessible, ce deuxième épisode propose un éclairage inédit sur une séquence clé de l’histoire du Maghreb, à travers un traitement alliant rigueur scientifique et narration immersive.
Le projet mobilise une série de huit épisodes : les quatre premiers consacrés au Sahara oriental, les quatre suivants au Sahara occidental. Il a été financé par 1 200 contributeurs via la plateforme Kiwi Collecte, pour un total de 430 000 dirhams. Le premier épisode, publié en 2022, a dépassé les 3 millions de vues— une audience qui mesure, mieux que tout discours, l’appétit d’un public longtemps privé d’un récit à la hauteur de sa propre histoire.

ÉPISODE 2 -1830–1847 : La fin de l’ invulnérabilité

 Le deuxième épisode couvre une séquence que la recherche historique identifie comme l’un des moments les plus structurants de l’histoire du Maghreb contemporain. Le retrait de l’Empire ottoman libère un espace que la France investit par la force depuis Alger. Le sultan alaouite Abd al-Rahman se retrouve pris en étau : soutenir la résistance locale menée par l’émir Abdelkader répond à des impératifs religieux, dynastiques et économiques mais expose le Royaume à une confrontation directe avec une puissance d’un type inédit.
La nomination du général Bugeaud comme gouverneur général d’Algérie en 1840, puis la découverte de correspondances secrètes entre le Sultan et Abdelkader, font basculer le rapport de forces. En 1844, l’armée française intervient sur le sol marocain, mettant fin à l’image d’un Maroc invaincu depuis la bataille d’Oued al-Makhazin. Des exigences de délimitation frontalière émergent, inaugurant un contentieux qui ne s’est jamais totalement refermé.

L’épisode met également en lumière un acteur inattendu de cette histoire : Eugène Delacroix, présent dans la mission diplomatique française de 1832. Ses œuvres constituent aujourd’hui l’un des corpus visuels les plus précieux pour comprendre les rituels du Makhzen — et l’un des premiers portraits fidèles d’un sultan. Ces documents visuels font partie des matériaux sur lesquels repose l’épisode.

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