À Sharjah, aux Émirats arabes unis, l’artiste marocain Mounir Fatmi explore les liens entre calligraphie, langage et technologie. Présentée au musée d’art de Sharjah dans le cadre de la 12ᵉ Biennale de calligraphie, son exposition Fragments d’espace invisible invite à regarder l’écriture autrement.
Et si la calligraphie était bien plus qu’un art de l’écriture ? Avec Fragments d’espace invisible, Mounir Fatmi propose une réflexion sur le langage, ses significations et ses zones d’ombre. À travers des sculptures, des projections vidéo et des installations lumineuses, l’artiste interroge ce que les mots révèlent, ce qu’ils dissimulent et la manière dont les images et les technologies transforment notre perception.
Réunissant des œuvres réalisées à différentes étapes de son parcours, l’exposition témoigne d’une démarche artistique qui fait dialoguer tradition et modernité. La calligraphie arabe devient un territoire d’expérimentation où les signes dépassent leur fonction première pour ouvrir de nouvelles perspectives d’interprétation.
Dans Between the Lines (2010), la calligraphie arabe se confronte à une lame de scie en acier, questionnant les rapports entre langage, croyance et pouvoir. Avec Technologia (2011), l’artiste transforme les signes calligraphiques en compositions géométriques inspirées notamment des expérimentations optiques de Marcel Duchamp. Ghosting (2009), une installation vidéo en noir et blanc, explore quant à elle la mémoire, l’absence et les traces laissées par les images. Enfin, Heavier than Words(2020) joue sur le paradoxe d’une balance dont le plateau vide semble plus lourd que celui qui porte les lettres métalliques, interrogeant ainsi le poids invisible des mots.
À travers ces œuvres, Mounir Fatmi ouvre la calligraphie à des questionnements contemporains qui dépassent le seul champ artistique. Communication, connaissance, mémoire et pouvoir des images composent les différentes dimensions d’une exposition qui invite le visiteur à regarder, mais aussi à réfléchir.
Présentée au musée d’art de Sharjah, en collaboration avec la 12ᵉ Biennale de calligraphie de Sharjah, Fragments d’espace invisible propose une lecture singulière de la calligraphie, à la croisée de l’héritage culturel, de l’expérimentation artistique et des interrogations sur notre monde contemporain.