Il est bien révolu le temps où les enfants ne pouvaient et n’osaient remettre en cause l’autorité des parents. Aujourd’hui, à l’ère de l’enfant-roi, les règles ont changé. Les parents peinent à mettre en place un cadre clair pour aider leur enfant à prendre conscience de l’existence de lois et d’interdits, et les enfants, qui manquent de repères éducatifs, contestent cette autorité assimilée à une domination tyrannique. L’enfant doit, pourtant, intégrer les limites et les interdits, car c’est ce qui l’aidera, nous répètent à l’envi psychologues et pédopsychiatres, à grandir, à s’épanouir et à vivre en communauté.
Fermeté et bienveillance seraient dès lors les maîtres mots d’une éducation basée sur le respect mutuel et la confiance. Cela ne signifie nullement que tout est permis, et que l’enfant ne peut en faire qu’à sa tête, mais, plutôt qu’il est guidé pour intégrer les bonnes habitudes.
Et n’oublions pas que cette éducation-là passe aussi par l’exemple. On ne pourra pas faire soi-même fi des règles établies, et exiger que ses enfants s’y conforment. De plus, il faudrait qu’il y ait aussi un équilibre entre ce qui est autorisé et ce qui est interdit. Cela signifie que les interdits doivent avoir un sens tant pour le parent que pour l’enfant, sinon gare à l’autoritarisme.

Des interdits pour chaque âge
A partir de 6 mois, l’enfant peut être initié au non. Ces premiers interdits, formulés pour sa sécurité, au moment où il commence à explorer son environnement et à toucher à tout, sont parfaitement compris par l’enfant.
Entre 2 et 3 ans, l’enfant commence à s’affirmer et à dire non à tout. C’est le « terrible twos », comme l’appellent les Anglo-Saxons. Pour Abla Benbachir, psychologue clinicienne, « c’est la période que l’enfant découvre qu’il a du pouvoir parce qu’il peut dire Non. Son besoin d’indépendance mène souvent à des conflits, car beaucoup de parents peuvent se sentir défiés, inquiets. » N’hésitez pas à expliquer à l’enfant que ce qui est interdit et les règles énoncées le sont pour son bien.
Entre 3 et 6 ans, le complexe d’Œdipe fait son apparition. Il est essentiel de rappeler à l’enfant l’interdit de se marier avec l’un des parents et qu’il doit dormir dans son lit. L’angoisse de la séparation peut aussi pousser certains enfants à refuser aller à l’école.
Entre 7 et 11 ans, l’enfant peut vous braver en contestant vos décisions. La fermeté est de mise. Il faudra rappeler le pourquoi de tel ou tel principe, comme l’heure du coucher, faire ses devoirs, etc. Ce sont des balises qui l’aideront à grandir.
Entre 12 et 17 ans, à l’adolescence, le besoin d’individuation et la recherche identitaire entrainent des situations généralement très pénibles à vivre pour les parents. Le jeune met souvent à l’épreuve les valeurs familiales et se rebelle. Il a également besoin de cultiver son jardin secret, et n’apprécie plus autant la présence de ses parents. Ses changements hormonaux, biologiques, et psychologiques le rendent défensif, et réfractaire à toute critique. Pour les parents, c’est à la fois inquiétant et frustrant car ils ont de moins en moins de prise et de contrôle sur son comportement, ses fréquentations… Les règles et les interdits doivent ainsi être réévalués en fonction de l’âge et de la maturité de l’enfant.