Yasmina Alaoui est née à New York. Sa pratique s’étend à plusieurs disciplines artistiques. Elle explore différents médiums, de la peinture et du dessin à la sculpture, en passant par la photographie, le cinéma et la composition musicale. Formée aux beaux-arts au Carrousel du Louvre à Paris, elle a ensuite obtenu un baccalauréat en sculpture au College of William & Mary, aux États-Unis. Son œuvre interroge des contrastes conceptuels tels que la tradition et la modernité, la spiritualité et la laïcité, ou encore l’ordre et le désordre.
Depuis 2003, elle collabore avec le photographe Marco Guerra sur les séries Tales of Beauté et 1001 Dreams, régulièrement exposées à l’international. Sa démarche artistique, nourrie par un croisement de médias et d’influences culturelles, a été distinguée par le prix de la diversité culturelle à la Biennale de Dakar en 2018.
Yasmina Alaoui partage aujourd’hui sa vie et son travail entre New York et Marrakech.

Pour Yasmina, l’exposition « rétrospectives de deux séries »incarne deux messages presque opposés, tout en étant reliées par un même fil conducteur « La première est une série figurative et esthétique, où je fusionne photographie et dessin. Les œuvres y sont délicates, intimes, presque murmurées. La seconde, à l’inverse, est une série de grands formats, entre peinture et sculpture, chaotique, brute, traversée par une géométrie arabe abstraite. Deux pôles en tension, mais profondément complémentaires dans ma démarche ».

Bien que l’artiste a travaillé aussi sur le corps masculin, la majorité de ses pièces explorent le corps féminin « Il y a plusieurs raisons à cela : d’abord, les motifs que j’utilise, très inspirés de la tradition du henné, trouvent naturellement leur place sur des corps féminins. Ensuite, la morphologie féminine — ses courbes, ses volumes — offre une singularité esthétique que je trouve captivante. Elle permet une interaction subtile entre la lumière et la surface, donnant à l’image une qualité presque tactile, onctueuse ».

« Mes origines marocaines sont absolument essentielles »
Yasmina Alaoui a vécu plus de vingt ans aux États-Unis, et sa carrière artistique a commencé à New York ,elle considère sa pratique artistique profondément internationale. « Je ne m’inscris pas dans un courant précis. Je suis mes intuitions, mes obsessions du moment. Cela rend mon travail très personnel, ce qui, je crois, touche profondément les spectateurs ». « Mes racines marocaines sont au cœur de mon travail. «1001 Dreams » s’inspire directement des motifs traditionnels du henné. La série « Sédiments » explore la géométrie sacrée et l’architecture marocaine. C’est cette fusion entre deux mondes qui me définit, et qui, je pense, fait la singularité de mon œuvre ».
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