Les forêts ne savent pas crier!

Je ne supporte plus ces images.
Chaque été, les journaux télévisés ouvrent sur les mêmes scènes : des montagnes englouties par les flammes, des arbres centenaires qui s’effondrent, des villages évacués, un ciel devenu orange.

En quelques heures, ce que la nature a mis des décennies, parfois des siècles, à construire disparaît sous nos yeux.
Du Maroc à l’Algérie, de l’Espagne à la France, jusqu’au Canada, les flammes semblent désormais franchir les frontières comme si elles ne connaissaient plus de limites. Et comment oublier l’Australie ? Ces images restent gravées dans ma mémoire, comme une blessure qui refuse de cicatriser.

À chaque reportage, je pense d’abord aux arbres. Ils ne peuvent pas fuir. Puis viennent les animaux. Ceux qui meurent dans les flammes, ceux qui s’échappent blessés, ceux qui reviennent et ne retrouvent plus leur habitat. Une forêt qui brûle, ce ne sont pas seulement des hectares perdus. C’est une vie entière qui disparaît : des oiseaux, des insectes, des plantes, des équilibres fragiles que nous avons mis si longtemps à construire.

Un feu impitoyable,une nature qui prend le dessus !

Je pense aussi aux soldats du feu. À ces femmes et ces hommes qui avancent là où tout le monde recule, qui affrontent des températures insoutenables, la fumée, la fatigue, parfois au péril de leur vie. Leur courage force le respect.
Je pense enfin aux habitants qui regardent, impuissants, leur paysage, parfois leur maison, partir en fumée. Comment ne pas être bouleversé devant une telle détresse ?

Les forêts ne savent pas crier. Elles brûlent en silence

Bien sûr, il y a les sécheresses, les canicules, les vents violents. Le changement climatique aggrave chaque année ces catastrophes. Mais nous savons aussi que l’homme porte une lourde part de responsabilité. Derrière certains incendies se cachent la négligence, l’imprudence ou des actes criminels. Derrière tous, il y a notre incapacité collective à mieux protéger ce patrimoine vivant.

Alors, peut-être devrions-nous apprendre à entendre ce silence. Car lorsqu’une forêt disparaît, ce n’est pas seulement un paysage qui s’éteint. C’est une partie de notre mémoire, de notre avenir et de notre humanité qui s’envole en fumée.

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