ur la scène Patio, The Swing Shouters ont donné le ton avec un swing vif puisé dans l’esprit des orchestres des années 1930 et 1940, installant d’emblée une atmosphère dansante. La pianiste suisse Ladyva a ensuite fait résonner son boogie-woogie, déployant une énergie spectaculaire où se conjuguent puissance rythmique et virtuosité mélodique.
La soirée s’est poursuivie avec Les Frères Smith, qui ont fait dialoguer les cuivres avec les rythmes africains et les accents du funk, dans une prestation portée par une énergie collective, avant de céder la place à la jam session, venue prolonger cette rencontre musicale.
Sur la Scène Jardin, le flamenco et la musique cubaine ont occupé le devant de la scène avec deux formations et artistes emblématiques. Diego El Cigala, grande voix du flamenco contemporain, a revisité son univers à l’occasion des 20 ans de « Lágrimas Negras », album de référence enregistré avec le pianiste cubain Bebo Valdés, dans un dialogue entre flamenco, boléro et traditions musicales latino-américaines.
Le public a ensuite retrouvé Buena Vista All Stars, ensemble dirigé par Barbarito Torres et Demetrio Muñiz, membres fondateurs du Buena Vista Social Club, qui perpétue l’héritage de cette formation emblématique et fait revivre les sonorités du son cubain et de l’âge d’or de La Havane.
Dans une déclaration à la MAP, les membres de The Swing Shouters ont exprimé leur enthousiasme à l’idée de se produire pour la première fois au Maroc, et particulièrement à Tanger, dans le cadre du Festival Tanjazz, précisant que leur prestation puise notamment dans les grands classiques des années 1930 et 1940, avec des compositions de Duke Ellington, Count Basie et Artie Shaw, figures emblématiques des orchestres de l’époque, auxquelles s’ajoutent des compositions du groupe et des arrangements qui lui sont propres.
Les artistes ont également souligné le caractère populaire et dansant de cette musique, qui invite le public à participer et à prendre part pleinement à l’ambiance du concert.
Pour sa part, Diego El Cigala s’est dit particulièrement heureux de retrouver Tanger, près de 25 ans après y avoir séjourné avec une compagnie de danse, saluant l’accueil des habitants et évoquant avec enthousiasme les moments passés à découvrir la ville.
L’artiste a affirmé que sa participation au Festival des jazz de Tanger lui offre l’occasion d’y apporter « cette touche de flamenco », tout en permettant à sa musique de toucher de nouveaux publics.
Il a indiqué que sa prestation consiste à présenter des morceaux de ses nouveaux projets, dont « Lágrimas Negras » et « Cigala & Tango », dans un répertoire mêlant différentes influences et destiné à offrir au public un moment de partage.
De leur côté, les membres du groupe Les Frères Smith se sont dits très heureux et honorés de participer pour la première fois au Festival Tanjazz, où ils présentent leur album « Mutation » dans le cadre de leur tournée 2026, relevant que cette première participation au Maroc, et plus largement cette première venue en Afrique en 2026, revêt une dimension particulière pour le groupe.
Ils ont indiqué que leur répertoire mêle des morceaux engagés, abordant des questions de société et les réalités du monde, à des titres placés sous le signe de la joie, du partage et de l’amour entre les peuples.
Les artistes ont ainsi exprimé leur bonheur de se produire sur une scène africaine et de partager leur musique avec le public tangérois.
En journée, The Haggis Horns ont animé une masterclass consacrée au groove, aux cuivres et à la composition musicale, offrant aux participants un espace d’échange autour de leur expérience et de leur pratique artistique.
Le festival s’est également déployé au cœur de Tanger à travers une série de rendez-vous gratuits, permettant aux sonorités de Tanjazz d’investir différents espaces de la ville et de se rapprocher du public.
En début d’après-midi, The Groovy Four, formation réunissant des musiciens d’Espagne et d’Uruguay, ont proposé un registre de blues swing élégant. En fin de journée, le trompettiste et chanteur américain Ronald Baker, familier des scènes de Tanjazz et installé de longue date en Europe, a livré une prestation inscrite dans la tradition du jazz américain traversé par le swing.
The Haggis Horns ont également fait résonner leurs cuivres dans les espaces de la ville, apportant leur funk énergique à cette programmation qui permet au festival de sortir des cadres habituels de la scène et d’investir différents lieux de Tanger.
Tout au long de cette deuxième journée, la programmation a fait dialoguer plusieurs traditions musicales, du swing au flamenco en passant par le boogie-woogie, l’afrobeat et les musiques cubaines, confirmant la vocation de Tanjazz à créer des passerelles entre les styles, les cultures et les publics.
Dimanche, Ladyva (Suisse) prendra le relais avec son piano boogie-woogie, avant une dernière note swing portée par The Swing Shouters (France).