Réunissant des œuvres réalisées entre 1988 à aujourd’hui, l’exposition traverse près de quatre décennies de création et révèle la cohérence d’une œuvre où la terre, la mémoire et le territoire dialoguent constamment avec une quête intérieure. Du paysage aux formes dépouillées de la koubba, du cercle aux recherches autour d’Ibn Arabi, le visible semble toujours ouvrir chez Mourabiti vers autre chose : une réflexion sur l’invisible, la présence et la place de l’humain dans le monde.
Présenter aujourd’hui le travail de Mohamed Mourabiti sur près de quarante ans permet de dépasser la simple chronologie. D’une œuvre réalisée en 1988 aux créations les plus récentes, c’est la construction progressive d’un langage que donne à voir cette rétrospective : une peinture qui part du réel, de la matière et du territoire pour aller vers des formes plus essentielles.
Ce réel est d’abord celui de Marrakech, où Mohamed Mourabiti est né en 1968. Il y observe les murs, les architectures, les ruelles, les rapports entre ombre et lumière. Puis vient Tahannaout, au pied de l’Atlas, où la terre, les paysages et les constructions en pisé déplacent son regard. Mourabiti n’a pourtant jamais peint représenter. Il prélève des formes, des matières et des signes pour les déplacer et leur donner une autre existence.
La parabole, très présente dans son travail, en est l’un des exemples les plus évidents. Élément familier du paysage marocain, elle devient progressivement une forme autonome, presque abstraite. À ses côtés, apparaissent la koubba, le mausolée, la courbe, le cercle : des motifs reconnaissables qui perdent peu à peu leur fonction descriptive pour devenir des signes.