Najat M’jid : face aux violences contre les enfants, les réponses tardent et les risques se multiplient

Les violences contre les enfants demeurent une préoccupation mondiale, malgré les progrès législatifs enregistrés dans de nombreux pays. Vingt ans après la première étude mondiale des Nations Unies consacrée à cette question, les dispositifs de protection peinent encore à répondre à l’ampleur des risques.

Présentant son dernier rapport à l’Assemblée générale de l’ONU, Najat Maalla M’jid, représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence contre les enfants, a souligné le décalage entre l’évolution des menaces et les moyens mobilisés pour y faire face.

Près de 45 millions d’enfants ont été contraints de quitter leur foyer en raison des conflits, des catastrophes naturelles ou du dérèglement climatique. Par ailleurs, un enfant sur cinq vit dans l’extrême pauvreté. L’insécurité alimentaire, la hausse des prix et l’affaiblissement des services sociaux aggravent également la vulnérabilité des familles.

Des menaces persistantes et émergentes

À ces facteurs s’ajoutent les risques liés aux technologies numériques. L’intelligence artificielle et la diffusion rapide des contenus en ligne facilitent certaines formes d’exploitation sexuelle des mineurs, le cyberharcèlement, la création de contenus falsifiés et le recrutement d’enfants par des réseaux criminels.
Si les législations et les politiques de prévention ont progressé, leur application reste inégale. Le manque de financements, l’insuffisance des services d’accompagnement et le déploiement limité des initiatives existantes freinent les avancées.

Transformer les engagements en mesures concrètes

Pour accélérer les efforts, l’ONU encourage la coopération internationale, notamment à travers l’Alliance mondiale pour mettre fin à la violence à l’encontre des enfants, lancée en 2024. Cette initiative vise à renforcer les échanges entre les États et à favoriser la mise en œuvre de mesures ayant fait leurs preuves.

La représentante spéciale rappelle enfin que les enfants doivent être associés aux décisions qui les concernent. Au-delà des engagements, leur protection exige des politiques durables, des ressources suffisantes et une action coordonnée. « Le problème, c’est que nos solutions sont toujours en retard sur les risques », a résumé Najat Maalla M’jid.

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