Le rideau s’est levé, mardi 27 octobre, sur la 4ᵉ édition du festival Jassad, au Théâtre national Mohammed V de Rabat, en présence de nombreuses personnalités du monde artistique. Organisé par la troupe Théâtre Aquarium, l’événement s’est donné pour mission de renforcer la place des femmes dans la mise en scène, de favoriser l’échange d’expériences et de tisser des liens entre création, critique et recherche. Il entend aussi ouvrir un espace de dialogue entre le théâtre et la société, et ancrer davantage Rabat dans les circuits internationaux.
Lors de la soirée d’ouverture, la directrice du festival, Naima Zitan, a rappelé que le théâtre n’est pas seulement un spectacle à regarder, mais un lieu où l’on se rencontre, où l’on confronte ses différences et où l’on partage les questions de son temps. Pour elle, célébrer les metteuses en scène, c’est célébrer le droit des femmes à regarder le monde avec leurs propres yeux et à le réinventer sur les planches, plutôt que de rester de simples personnages dans des histoires écrites par d’autres.
La cérémonie a été marquée par un hommage à la comédienne marocaine Amal Benhaddou, saluée pour la richesse de son parcours. Un geste fidèle à la vocation du festival, qui s’attache à mettre en lumière les artistes pionnières.
Le public a ensuite découvert « Bonne nuit, maman », de la troupe égyptienne indépendante Nour de théâtre, mise en scène par Nour Ismail. Adaptée de la pièce de l’Américaine Marsha Norman, lauréate du prix Pulitzer en 1983, l’œuvre explore la relation complexe entre une mère et sa fille, en retraçant la dernière heure de la vie de cette dernière. La mise en scène, très expressive, repose en grande partie sur le langage du corps. Pour Nour Ismail, ouvrir le festival avec cette pièce, jouée pour la première fois hors d’Égypte, représente « une étape particulière et une source de fierté » pour toute l’équipe.
Jusqu’au 30 octobre, le festival accueille six spectacles venus du Maroc, d’Égypte, de France, de Grèce et d’Espagne. Le programme comprend également un colloque consacré à « la critique théâtrale au féminin », une rencontre entre metteuses en scène autour des défis de la production, de la censure et de l’évolution du métier, ainsi qu’une masterclass animée par l’actrice et enseignante-chercheuse Mouna Belghali.