Chaque jour est une épreuve pour Aya, 8 ans. Dès son réveil, elle est en proie à la panique et cela se voit. « On vit chaque matin une histoire à part. Elle se réveille en pleurs et elle sort de la maison dans un état d’angoisse indescriptible. Ses mains tremblent, ses yeux larmoient et son cœur bat très fort…Elle a vraiment peur de l’école », raconte sa maman. Le cas de Aya n’est pas unique car nombreux sont les enfants qui stressent à cause de l’école. Ainsi, le stress dû à l’école, quand il n’est pas pris en charge à temps, risque de déboucher facilement sur une phobie scolaire. Ses symptômes sont nombreux. En plus d’angoisser chaque matin avant de devoir aller à l’école, les pédopsychiatres ont noté que les enfants souffrant de ce stress ont toujours mal quelque part au moment de partir le matin, certains se remettent à faire pipi au lit, s’endorment difficilement et se montrent même maniaques lorsqu’ils font leurs devoirs ou rangent leurs cartables. En général, ces maux s’accompagnent de tristesse, d’indifférence et de déprime. Ce qu’il faut retenir, c’est que lorsqu’un enfant stresse, cela se répercute sur toute la famille et les parents en souffrent en premier.
Le stress des enfants et… des parents
Tourmenté par ses soucis quotidiens, un enfant stressé verse toute son angoisse sur son papa et sa maman qui, eux, doivent se montrer patients devant cette situation alarmante. Souad, maman d’une fille de onze ans partage avec nous son calvaire. « Ma fille est une grande anxieuse, elle stresse pour la moindre des choses. A l’école, il faut que tout soit bien fait, pour les devoirs, par exemple, si elle n’arrive pas à comprendre ou à apprendre une leçon, c’est la panique totale à la maison, je dois tout faire pour la rassurer et la calmer. Autre point très pesant et stressant pour ma fille, ce sont les horaires de l’école, le matin, elle surveille l’heure à la seconde près : le réveil, le petit déjeuner et le départ pour l’école. Tout est calculé et gare à moi si je prends du retard. Cela a un impact sur toute la famille et m’oblige à faire très attention à tout ». Comme Souad, ce sont des centaines de mamans qui subissent le stress de leurs enfants. Le pire, c’est quand ces comportements et ces caprices influencent la vie de couple. « C’est moi qui doit tout gérer, cette tension qui monte sans cesse, les remarques de mon mari qui refuse de voir le cas de ma fille comme un état pathologique », témoigne Nadia, la maman de Aya. Un parent qui soupçonne son enfant d’être stressé par l’école doit tout de suite communiquer avec l’enfant et avec l’école. Les parents, même s’ils ne supportent pas de voir leur enfant dans cet état, doivent insister pour que celui-ci aille à l’école même s’il n’en a pas envie. Un dialogue quotidien permettra ainsi aux parents de déceler les craintes de l’enfant et d’apporter des pistes de solution. En effet, la solution ne peut être trouvée que si la cause est bien définie. Quelles sont donc les causes du stress de l’enfant à l’école ?
Chassez-le chez les grands et les petits
Le stress chez l’écolier est moindre lorsque les lieux sont familiers et qu’il s’est déjà établi un réseau d’amis. En effet, plus l’enfant va se sentir appartenir à l’école, plus il aura envie d’y aller. Afin de faire face à ce problème, les parents de l’élève doivent faire équipe avec les enseignants. Les professeurs doivent alors lutter contre la pression administrative pour finir les programmes au dépens des autres aspects de l’apprentissage qui permettent de motiver l’enfant et de lui donner du plaisir à l’école. Les parents doivent, à leur tour, revoir leurs attentes selon le niveau de leur enfant et lui offrir des moments de jeux et de loisirs comme le sport, la musique, la danse…. Mais dans le contexte actuel, le destin pédagogique des enfants est entre les mains d’une société impitoyable dans laquelle il est dorénavant indispensable de paraître le meilleur pour réussir. Raison pour laquelle les parents devraient arrêter des objectifs raisonnables à leurs enfants, de les aider, non pas à tout réussir complètement et immédiatement, mais à progresser et à s’épanouir.