Dans cet entretien organisé à l’occasion de la 14ᵉ Nuit Blanche du cinéma et des droits de l’Homme, Fadoua Maroub, secrétaire générale de l’ARMCDH, revient sur les origines de cet événement et sur le rôle du cinéma et du débat dans la promotion des droits humains et de la démocratie.
Quatorze ans après sa création, l’esprit du « Printemps arabe » anime-t-il toujours la Nuit Blanche ?
Fadoua Maroub :Absolument. La Nuit Blanche du cinéma et des droits humains est née dans le sillage de l’élan de liberté suscité par les événements du « Printemps arabe ». Dès l’origine, notre ambition était d’investir l’espace public pour permettre aux citoyens de débattre, toute une nuit durant, des grands enjeux qui traversent notre société, mais aussi le monde.
Cet espace de dialogue repose sur des valeurs essentielles : le respect des opinions, la diversité des points de vue, la mixité, l’écoute et la conviction que le débat démocratique contribue à construire l’avenir de notre pays et de nos sociétés.
Je rappelle qu’en juin 2012, l’Association des Rencontres Méditerranéennes du Cinéma et des Droits de l’Homme (ARMCDH) a organisé la première édition de la Nuit Blanche, consacrée au thème du « Printemps arabe ». Cet esprit de dialogue et d’ouverture continue aujourd’hui d’inspirer notre démarche.
Pourquoi avoir choisi le cinéma pour sensibiliser aux droits humains et à la démocratie ?
Fadoua Maroub:Le cinéma est un choix fondateur de notre association. Depuis sa création, l’ARMCDH est convaincue qu’il n’existe pas de langage plus universel pour transmettre les valeurs universelles des droits humains. Notre conviction peut se résumer par cette formule : « Il n’y a pas de média plus universel que le cinéma pour sensibiliser à l’universalité des droits humains ».
Le cinéma permet de donner un visage, une émotion et une dimension profondément humaine aux droits fondamentaux. Il touche les consciences au-delà des frontières, des cultures et des langues. C’est pourquoi il constitue un formidable outil d’éducation, de sensibilisation et de dialogue autour de la démocratie, de la liberté et des droits humains.
Au-delà des projections, quelle place le débat occupe-t-il dans la Nuit Blanche ?
Fadoua Maroub :Le débat est au cœur même de la Nuit Blanche. Deux temps forts structurent chaque édition : une conférence-débat réunissant universitaires, experts et militants autour du thème de l’année, suivie d’une nuit entière de projections de films en plein air consacrés à cette même thématique.
Cette année, la conférence du 10 juillet 2026, intitulée « Penser la démocratie aujourd’hui : regards croisés sur un concept à réinventer », s’inscrit dans le contexte de la prochaine échéance électorale au Maroc. Elle propose une réflexion collective sur les transformations contemporaines de la démocratie, les mutations de l’espace public, les nouvelles formes de participation citoyenne ainsi que le rôle du cinéma dans la diffusion des valeurs démocratiques.
Mais le débat ne s’arrête pas à la fin de la conférence. Il se poursuit tout au long de la nuit, à travers les échanges suscités par les films, les réactions du public et les discussions spontanées qui accompagnent les projections jusqu’au petit matin. C’est précisément cette continuité entre la parole, le cinéma et la participation citoyenne qui fait l’identité de la Nuit Blanche.
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