Fantasmes : attention, on ne passe pas à l’acte !

Andy Warhol l’a bien dit : “L’amour fantasmé vaut bien mieux que l’amour vécu. Ne pas passer à l’acte, c’est très excitant”. Et là, tout est dit. Les fantasmes, nourrissant l’imaginaire, doivent y rester. Essayer de les concrétiser dans la vie réelle risque de ne pas avoir les effets escomptés. En effet, si les fantasmes sont, comme l’explique Dr Amal Chabach, sexologue et psychologue, cette partie cachée de nous-mêmes que nous refusons de dévoiler car nous en avons honte, il n’en demeure pas moins que “ces fantasmes sont utilisés pour nourrir notre désir sexuel au cas où il vient à manquer. Normalement les fantasmes sont ‘’faits’’ par notre cerveau pour soulager des pressions internes, telle une soupape et ils ne sont pas créés pour être réalisés dans la vie réelle”.

En effet, les fantasmes sont inhérents à l’homme, et remonteraient, selon Freud,  à l’adolescence, mais parfois même à l’enfance. Les fantasmes seraient alors, selon la théorie du célèbre psychanalyste, l’expression d’un désir refoulé. “C’est un scénario sexuel ou érotique que nous imaginons (et que nous pouvons construire nous mêmes) dans le but d’augmenter notre excitation sexuelle ou bien, c’est un scénario imposé  par notre inconscient comme une soupape pour exprimer des pensées ou même des désirs interdits par notre conscient et qui augmente par la même occasion notre excitation sexuelle”, assurent les sexologues.  Autrement dit, avoir des fantasmes ne traduit pas une insatisfaction sexuelle, mais permet plutôt de sublimer la sexualité, en faisant fi de ses inhibitions.

Les hommes et les femmes inégaux ?

Les hommes et les femmes ont des fantasmes propres à leur genre. Ainsi, quand les femmes fantasment sur des célébrités, un ami ou un collègue de bureau, elles rêvent aussi de faire l’amour dans un lieu désertique ou se font tout un scénario au cours de l’acte sexuel, agrémenté d’accessoires. Les fantasmes des hommes sont plus expressifs. Faire l’amour à trois, tenter une expérience d’échangisme ou des postures très improbables, figure parmi les fantasmes les plus répandus chez la gente masculine. Ils ont également un rapport direct avec la soumission ou la domination. Mais rares seront les personnes à mettre en pratique ces rêves érotiques, car “cette partie sombre est tout ce que nous n’autorisons pas à notre cerveau d’exprimer librement”. Incompatible avec notre éducation et les mœurs sociales, les fantasmes “excitent notre côté diabolique, notre côté ‘’de mauvais garçon’’ et de ‘’mauvaise fille’’, car l’interdit est toujours excitant et attirant ».

Tout est dans l’imaginaire

Mais si les fantasmes jouent un grand rôle dans notre équilibre psychique, pouvant réveiller une sexualité qui sombre dans l’ennui, «passer à l’acte ôterait aux fantasmes leur utilité ‘’psychologique’’. Un fantasme, contrairement aux jeux érotiques, n’est pas fait pour être réalisé dans le monde réel. Toutefois, il arrive que certains couples ne se contentent pas de fantasmer, et rêvent de faire en pratique ce qui les émoustille. Et dans ce cas précis, ce sont les hommes qui osent le plus en parler, mais cela ne signifie pas pour autant que les femmes n’ont pas de fantasmes, mais elles sont plus pudiques, et en parlent rarement.

En fait, si le fantasme peut perturber la relation du couple, être source de malaise, il convient de ne pas en parler et de préserver son jardin secret, car il serait illusoire de croire que les fantasmes peuvent aider à ressouder un couple à la dérive. Y avoir recours implique toujours des risques d’implosion du couple, si la complicité  et la confiance ne sont pas de mises.

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