Écrite et mise en scène par Amine Boulhnach, cette création de 60 minutes met en scène un jeune homme confronté à un amour à sens unique et tiraillé entre quatre personnalités antagonistes qui habitent son esprit : l’intellectuel, l’homme de religion, le clown et l’homme rude. Guidé tour à tour par chacun d’eux dans sa quête de l’être aimé, le protagoniste voit chacune de ses tentatives échouer, transformant son expérience sentimentale en un véritable combat intérieur.
Présentée dans un registre mêlant darija marocaine, arabe classique et français, selon les personnages et les situations dramatiques, la pièce aborde les relations humaines avec un regard à la fois critique et empreint d’humour, tout en questionnant les représentations de l’amour, de la masculinité et des émotions.
La mise en scène repose sur une double spatialité, alternant entre un univers imaginaire, où se déroulent les conflits psychologiques du personnage principal, et un espace réaliste où évoluent les protagonistes. Fidèle à l’esthétique du « théâtre de l’espace vide », le spectacle privilégie le jeu des acteurs pour donner corps aux différents états émotionnels du héros.
Le langage scénique associe musique, expression corporelle, danse contemporaine, chant, déclamation et interprétation théâtrale afin de créer une expérience immersive. Les effets sonores et le travail de l’éclairage accompagnent l’évolution des différentes personnalités qui se disputent l’esprit du protagoniste, renforçant ainsi la dimension expressive de la création.
Dans une déclaration à la MAP, le metteur en scène et acteur Amine Boulhnach a indiqué que cette œuvre est née d’une volonté d’explorer les conflits intérieurs qui traversent l’individu lorsqu’il est confronté à l’amour, expliquant que les quatre personnages incarnent des visions opposées qui influencent les choix du protagoniste et traduisent la complexité des rapports humains.
Il a souligné que le recours à la comédie noire permet d’aborder des questions existentielles avec légèreté, tout en invitant le spectateur à réfléchir aux blessures affectives, à leurs conséquences sur l’individu et à la nécessité de préserver des relations saines, estimant que l’amour ne devrait jamais conduire à la perte de soi.
Pour sa part, Nassina Benrahmoune, membre du comité d’organisation du FITUC, a affirmé que la programmation de cette 38ème édition illustre la richesse et la diversité des expressions du théâtre universitaire, relevant que les œuvres sélectionnées abordent des thématiques contemporaines qui concernent directement les jeunes.
Elle a ajouté que « Barefoot Love » s’inscrit pleinement dans l’esprit du festival en proposant une création qui conjugue innovation artistique, réflexion sociétale et dialogue interculturel, tout en mettant en valeur les talents émergents issus des établissements de formation théâtrale.
Fondée en 2025 sous l’égide de l’Association « Rouh Al-Khachaba », la troupe « Les Caméléons », composée d’étudiants de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), développe une démarche artistique fondée sur l’expérimentation, le travail de l’acteur et la valorisation de la diversité linguistique et culturelle marocaine, en associant les expressions arabe, amazighe et hassanie.
Organisée jusqu’au 9 juillet par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ben M’Sik relevant de l’Université Hassan II de Casablanca, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la 38ème édition du FITUC réunit des troupes universitaires représentant plusieurs pays autour d’une programmation comprenant des spectacles en compétition, des masterclasses, des ateliers de formation et des rencontres artistiques, confirmant la vocation de ce rendez-vous comme plateforme internationale de création, de dialogue interculturel et de promotion du théâtre universitaire.