Depuis ses débuts remarqués dans The Voice Arab, Jaylann trace un chemin singulier : une voix puissante, mais surtout une intention artistique claire : chanter le Maroc intime. Avec “Khamssa w Khmiss”, elle poursuit cette exploration, après avoir dédié “Ha Wlidi” aux liens familiaux et à la nostalgie.
Cette fois, l’artiste se tourne vers celles qui ont façonné son imaginaire : les femmes marocaines, “dignes, persévérantes, généreuses, tenant bon dans le silence et le sourire”. Le morceau s’écoute comme un remerciement, un geste de reconnaissance envers celles qui transmettent valeurs, langue, beauté, courage et histoire. « Je voulais célébrer chaque femme marocaine et montrer que je suis fière d’être l’une d’elles », confie-t-elle.
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Musicalement, le titre plonge dans l’héritage sonore du pays : ʿoud, loutar, bendir, violon, sons enregistrées en live, et une interprétation qui s’approche de la chaâbi, de la ʿaita, de ses respirations, de ses appels, de son intensité. Une évolution assumée dans sa manière de chanter, à la recherche d’un geste plus authentique et incarné.
Un clip-manifeste, entre patrimoine et émotion
Réalisé par Farid El Malki, le clip embrasse la même ambition culturelle. Tourné au Chellah, site mythique et hautement personnel pour l’artiste là où son père est né, où sa famille a grandi, où la musique a commencé , il devient un espace de mémoire autant qu’un décor visuel.
Aux côtés de la styliste Bouchra Ennokra, épaulée par Fati Mez et Amal Benayad, le projet met en lumière une vingtaine de tenues ancestrales venues des quatre coins du pays : le Caftan Fassi Khrib et le Caftan de Fès brodé à la ghorza, l’El Haik d’Oujda avec Blouza orientale, le Caftan traditionnel Rabati, le Caftan de Tétouan ou encore la Malhfa sahraouiya, le Lhaik essaouiri, la Ksoua juive et la tenue Ahraouie d’Errachidia. Un voyage textile qui révèle la diversité, la mémoire et la symbolique du vêtement marocain, loin du seul caftan contemporain.
Pensé comme un tableau vivant du Maroc, le clip met en scène des femmes portant ces vêtements, non pas comme folklore, mais comme archives vivantes : textures, gestes, couleurs, dignités.
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Un projet collectif, un geste culturel
“Khamssa w Khmiss” est signé Jaylann et Beathoven (composition et lyrics), avec des arrangements de Beathoven et Mourad El Madani. La chorégraphie est signée Zakaria Bennane, scellant un travail d’équipe guidé par une vision commune : montrer un Maroc fier, nuancé, pluriel.
Au-delà d’une sortie musicale, le projet s’affirme comme une contribution culturelle , une manière de réancrer le patrimoine marocain dans le présent, de rappeler que la modernité n’efface pas l’héritage : elle en dépend.