Réseaux sociaux et politique : la HACA alerte sur une « démocratie sous algorithmes »

Le groupe de travail « Régulation et médias numériques » de la Haute autorité de la communication audiovisuelle publie une nouvelle étude sur l’influence des plateformes dans la vie politique marocaine. Entre opportunités de proximité et menaces de désinformation, le constat invite à la vigilance.

Les réseaux sociaux sont devenus de véritables places publiques. Mais ces espaces d’expression sont aussi un terrain fertile pour la désinformation, la manipulation et la polarisation. C’est ce double visage qu’explore la nouvelle étude publiée par le groupe de travail que préside Narjis Rerhaye au sein du Conseil supérieur de la communication audiovisuelle. Intitulée « Les réseaux sociaux et la communication politique : entre opportunités d’influence et risques de désinformation », elle dresse le portrait d’un Maroc connecté et décortique les mécanismes de la fausse information.

« La désinformation et la manipulation algorithmique représentent une véritable menace qui risque d’affaiblir le débat démocratique ou de fausser la perception des réalités politiques », prévient Narjis Rerhaye. Opacité des algorithmes, concentration du pouvoir entre les mains des grandes plateformes : pour elle, la transparence, l’éducation au numérique et la diversité des sources d’information sont des réponses indispensables.

Les partis politiques à la loupe

L’étude s’est aussi penchée sur la présence numérique des 12 partis représentés au Parlement issu des élections de 2021. Entre janvier et mai 2026, loin de l’effervescence de la campagne, plus de 2 600 publications Facebook, 925 vidéos TikTok, 507 vidéos YouTube et un millier de posts sur X ont été passés au crible, ainsi que les sites web des formations.

Le verdict est nuancé. Facebook reste l’espace central d’échange avec les citoyens, tandis que TikTok s’impose comme une vitrine virale auprès des jeunes. YouTube offre un potentiel d’explication encore sous-exploité, X se distingue par sa réactivité, et les sites web conservent un rôle institutionnel, sans véritable pouvoir d’attraction.

Pour Narjis Rerhaye, le défi est désormais d’inventer « sa propre grammaire de régulation », capable de conjuguer le respect des constantes nationales avec l’ouverture, l’innovation et la protection des droits individuels.

Cette publication vient s’ajouter aux travaux déjà menés par le groupe, parmi lesquels un guide de lutte contre la désinformation, une étude sur l’intelligence artificielle dans l’audiovisuel et une bande dessinée consacrée aux violences numériques.

L’étude est disponible sur le portail de la HACA : www.haca.ma

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