Scandale au Centre social Ibn Atiq

Un post largement partagé ce mardi 12 juin fait froid dans le dos. Il évoque la situation inhumaine dans laquelle survivent 1500 pensionnaires du centre social Ibn Atiq. Le manque de moyens et d’effectifs peut-il à lui seul expliquer le drame de ces laissés-pour-compte ?

 

La description de la situation dans laquelle survivent les pensionnaires du centre ibn Atiq ne peut laisser personne indifférent. 1500 personnes entassées dans des locaux devenus exigus de par leur nombre, des femmes, des hommes et des enfants devenus des rebuts de la société, délaissés et abandonnés… Le collectif qui s’était rendu sur les lieux lundi en vue de distribuer des ftours aux pensionnaires évoque dans un post largement partagé sur les réseaux sociaux des conditions de vie (ou doit-on dire de survie) des plus effroyables : une odeur d’urine qui vous saisit bien avant de pénétrer dans les locaux, des salles pourries, des pensionnaires alitées qui gardent leurs couches pendant 48 heures, d’autres lavés avec du détergent, un personnel dépassé et un manque flagrant de sécurité puisque les 900 hommes circulent en toute quiétude dans le pavillon réservé aux 250 femmes et aux 100 enfants, et l’on ne peut dès lors qu’imaginer le pire.
Délaissés par leurs familles, malades et démunies, ces pensionnaires vivent une déchéance sans fin… La militante associative qui a rapporté ces horribles scènes évoquent l’absence d’un corps médical et d’un staff administratif dépassé par l’ampleur de la tâche et le manque de moyens.
Pourtant, lorsque le centre ibn Atiq avait été inauguré par le roi Mohammed VI en 2011, l’on avait parlé du plus grand établissement d’aide aux personnes en difficulté de la région de Rabat. Dédié aux enfants livrés à eux-mêmes, aux femmes et aux personnes handicapées en situation difficile, ce centre a pour vocation non seulement l’accueil, l’hébergement et la formation de personnes en situation précaire, mais également la vocation d’aider à la réinsertion de ces personnes dans un cadre institutionnel, socioprofessionnel ou familial. Il reçoit également ponctuellement des dons royaux, et le dernier en date a été de l’ordre de 150 millions de DH octroyés par le souverain.
De plus, une convention de partenariat a été signé fin mars dernier entre le ministère de la santé, la wilaya de la Région Rabat-Salé-Kenitra, le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Ibn Sina et la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat dans le but d’œuvrer ensemble pour l’amélioration de la qualité des prestations offertes aux bénéficiaires de ce centre. Ce partenariat très ambitieux avait pour objectifs d’évaluer l’état psychique des pensionnaires du centre et la réalisation du suivi psychiatrique des patients malades mentaux.
Alors que s’est-il passé pour que ce centre soit dans un tel état de délabrement ? Pourquoi le ministère de tutelle, à savoir celui de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du développement social n’accomplit pas sa mission de contrôle, de surveillance et d’encadrement ? Les citoyens marocains, même les plus pauvres et les plus démunis d’entre eux, ont droit à une vie digne. Une enquête doit être diligentée dans les plus brefs délais, et surtout trouver des solutions rapides pour rendre leur humanité à ces pauvres hères abandonnés.

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