Pour ce 8 mars 2026, journée internationale des droits de la femme ,l’Institut du Monde Arabe (IMA),présente un événement exceptionnel « Le procès de Shéhérazade ».La Marocaine Nadia Essalmi professeure des universités, romancière et éditrice fait partie de « Celles » qui mèneront le procès de Shéhérazade.
Quatorze écrivaines issues des cinq continents vont se prêter au jeu et endosser les différents rôles d’un tribunal symbolique pour y répondre. Procureures, juges, accusées, témoins ou avocates, elles empruntent la voix de la fiction, de l’analyse, de l’humour ou de l’émotion et appréhendent le sujet avec leurs subjectivités. « Des voix s’élèvent depuis longtemps pour la condamner, parfois avec virulence, et exiger sa mise à mort. Car Shéhérazade se serait adaptée au système plutôt que de le renverser, de le combattre ». Elle ne dénonce pas frontalement la brutalité masculine, elle ne se bat pas contre le tyran, elle prétend l’éduquer. Elle accepte d’entrer dans le jeu du patriarcat au lieu de le dénoncer. Elle ne conteste jamais la structure du pouvoir, elle admet que le roi a pouvoir de vie et de mort sur les femmes.
Faut-il vraiment en finir avec Shéhérazade ?
Qui plus est, Shéhérazade transformerait un tueur en série en époux aimant et père. Peut-on accepter de passer outre des féminicides, et que le tueur ne paie pas pour ses crimes ? Ce serait nier la nécessité de la justice, d’un procès permettant la reconnaissance du crime ! D’une certaine manière Shéhérazade romantise la rédemption du bourreau. Mais on peut aussi penser que Shéhérazade défend malgré tout la cause des femmes. Qu’elle permet de faire entendre un point de vue féminin face à la brutalité des hommes. Qu’elle fait preuve d’un talent certain et de beaucoup d’inventivité dans l’art de raconter. Alors, faut-il vraiment en finir avec Shéhérazade ? .

Nadia Essalmi intervenante du Maroc
Nadia Essalmi est professeure des universités, romancière et éditrice. Elle a fondé la première maison d’édition marocaine pour enfants, Yomad, en 1998. Elle occupe des postes clés dans plusieurs associations et est également une militante sur les réseaux sociaux où elle mène un combat contre l’injustice sociale.