Fondé à New York en 1969 par Arthur Mitchell, premier danseur principal noir du New York City Ballet, le Dance Theatre of Harlem occupe depuis plus d’un demi-siècle une place singulière dans l’histoire du ballet. Le projet repose dès ses débuts sur une conviction forte d’ouvrir la danse classique à des talents longtemps tenus à l’écart de ses grandes institutions et faire de la scène un espace de création accessible à tous.
D’abord école installée à Harlem, l’initiative devient rapidement une compagnie professionnelle. Au fil des décennies, le Dance Theatre of Harlem impose une identité artistique qui conjugue héritage classique, création contemporaine et diversité des écritures chorégraphiques. Son parcours le mène sur quelques-unes des scènes les plus prestigieuses au monde et lui vaut plusieurs jalons devenus emblématiques, à l’image de sa première au Royal Opera House de Londres en 1981 ou du succès de Creole Giselle, récompensé quelques années plus tard par un Laurence Olivier Award.
L’arrivée de la compagnie à Rabat s’inscrit ainsi dans une histoire qui dépasse celle d’une tournée internationale. En renouant avec l’Afrique, où elle s’était produite en 1992 en Afrique du Sud à l’invitation de Nelson Mandela, le Dance Theatre of Harlem ouvre un nouveau chapitre de son histoire sur le continent. La capitale marocaine figure d’ailleurs parmi les étapes marquantes de sa saison internationale 2026-2027, aux côtés de plusieurs grandes villes américaines.
Pour cette première marocaine, la compagnie investit le Théâtre Royal de Rabat, œuvre majeure de Zaha Hadid et nouveau repère de la vie culturelle de la capitale. Inscrit dans la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur du rayonnement culturel du Royaume, l’édifice incarne l’ambition de faire de Rabat une capitale culturelle ouverte sur le monde. Avec ses lignes inspirées des mouvements du Bouregreg et son auditorium de plus de 1.800 places pensé pour accueillir opéra, ballet, théâtre et grandes productions musicales, l’édifice offre un écrin à la hauteur de ce rendez-vous.
La rencontre réunit ainsi deux trajectoires. Celle d’une compagnie qui a contribué à faire évoluer les codes et les représentations du ballet depuis Harlem, et celle d’une scène marocaine appelée à accueillir les grandes expressions artistiques nationales et internationales. Les 2 et 3 octobre, le public marocain découvrira sur scène une institution qui, depuis plus de cinquante ans, fait dialoguer excellence classique, création et transmission.