AMANAR : le court métrage marocain se conjugue au féminin

Pour sa toute première édition, la plateforme professionnelle du Festival du court métrage de Marrakech a récompensé trois projets prometteurs. Deux d’entre eux sont portés par des tandems de femmes, réalisatrice et productrice main dans la main.

C’est à FOLK Marrakech que s’est refermée, ce mercredi 30 septembre, la première édition d’AMANAR. Son ambition : offrir aux jeunes cinéastes marocains un véritable tremplin, entre mentorat, rencontres professionnelles et exercice redouté du pitch. Pendant deux Industry Days, douze professionnels venus de Cannes, Clermont-Ferrand, du CNC, du FESPACO ou encore d’El Gouna ont partagé leur expertise. En parallèle, les cinq projets du Development Lab ont travaillé à huis clos avec cinq mentors, avant de défendre leur film devant un parterre de producteurs, distributeurs et programmateurs.

Des duos de femmes à l’honneur

Le jury, présidé par Moustapha Sawadogo (Ateliers Yennenga, FESPACO), aux côtés de Romain Ruef (Atlantis Studios Marrakech) et d’Iratxe Fresneda (ZINEBI), a distingué deux projets portés par des femmes. Fragments of an Ordinary Day, de la réalisatrice Zahra Berrada et de la productrice Oumayma Zekri Ajarrai, décroche le ZINEBI Industry Award : une invitation en novembre au festival de Bilbao, qualifiant pour les Oscars, les BAFTA et les Goya. « Recevoir ce prix vient renforcer la conviction qui nous anime depuis le début », confient-elles.

Unsettled, réalisé par Maria Dobli Bennani et produit par Rita Berrada, remporte quant à lui le Prix de post-production Atlantis Studios Marrakech, qui prendra en charge l’intégralité de la finition du film. Profondément ancré dans la culture marocaine, le projet explore la parentalité, le poids de la culpabilité et la « réimmigration ». « Avoir un partenaire qui comprend l’ADN culturel et linguistique du film est essentiel pour préserver son authenticité », souligne la productrice.

Le Prix AMANAR du meilleur pitch revient enfin à Saad Benidir pour Avant Première, un projet très personnel. « Je le vois comme un encouragement à aller jusqu’au bout de cette aventure », confie le réalisateur.

Un point de départ

Pour l’équipe, l’aventure ne fait que commencer. « Les trois prix sont un point de départ, pas une ligne d’arrivée », insiste Hiba El Abkari, responsable du programme développement et production, qui promet d’accompagner les cinq projets « jusqu’à ce que chacun de ces films existe au grand écran ». Une promesse qui fait d’AMANAR, dès sa naissance, un rendez-vous à suivre de près.

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