Cette initiative du ministère et du CCME vise à célébrer l’extraordinaire vitalité culturelle de cette communauté, un dynamisme qui se manifeste dans tous les pays et dans tous les domaines culturels (littérature, arts plastiques, sciences humaines ).
La rencontre « Raconter l’histoire des Marocains d’Algérie », a réuni des auteurs et autrices venus de France et de Belgique pour raconter leurs histoires, leur exil, leur écriture .Elles et Ils sont aussi témoins de cette tragique histoire de l’expulsion de milliers de familles marocaines en cet hiver 1975.
Il était une fois une fête religieuse Aid Al-Adha 1975
Le 8 décembre 1975, le régime militaire algérien a procédé à l’expulsion des familles marocaines vivant légalement en Algérie. Expulsées sans avertissement, ces familles ont été traitées de façon inhumaine et laissées en rade à la frontière. Cette réponse de l’Algérie faisait suite à la Marche verte marocaine ayant eu lieu un mois plus tôt pour récupérer le Sahara marocain alors occupé par l’Espagne.
Ce mois de décembre 1975,comme l’ensemble de la Oumma musulmane , les marocains d’Algérie célébraient eux aussi,la fête du sacrifice Aid Al-Adha.

Face à l’oubli, le devoir de mémoire!
Pour ces milliers de marocains d’Algérie, qui ont tout perdu , « La mémoire écrite reste le moment d’Histoire qui leur reste aujourd’hui ».
L’autrice belgo-marocaine Fatiha Saidi ,psychopédagogue et experte en genre, qui a vécu le drame à travers l’expulsion de ses grands -parents, l’écrivain de « La marche noire », le Franco-marocain Mohamed Cherfaoui, lui même expulsé avec toute sa famille,le poète de la mémoire collective El Hachmi Essalhi auteur de « La mémoire défaite » ,ont livré des témoignages poignants sur ce drame humain, douloureux et traumatique. Étaient aussi présents Tijania Ferhate, ancienne directrice de l’Aref ,connue pour son engagement dans le domaine éducatif , qui a résumé l’œuvre de Mansour Kedidir « Rafle au couchant » et Abdelkader El Yacoubi auteur de plusieurs ouvrages sur l’exil et l’émigration avec son ouvrage «Les Nuits doranaises »et « Le Jardinier d’Arboras ».

Un demi-siècle après , l’appel à la justice et réparation continue
En 2005, trente ans après,les marocains expulsés d’Algérie s’organisent et créent plusieurs associations au Maroc, en France, en Belgique, en Espagne. Leurs principales revendications :Faciliter le regroupement familial avec ceux restés en Algérie ;la Reconnaissance officielle par les autorités algériennes de la déportation de 1975 ; la Restitution de tous les biens confisqués par l’Etat algérien ; la Compensation morale et matérielle pour les préjudices subis .« Pour les victimes et les familles, la quête de justice et de réparation continue. Il est temps pour la communauté internationale de prendre en compte les conséquences dramatiques de cette expulsion forcée et de s’assurer que les responsables soient tenus de rendre des comptes pour leurs actes » a tenu à rappeler Abderrazak El Hannouchi, vice-président du Réseau international de soutien aux familles marocaines expulsées présent à la rencontre ,une soirée littéraire rendant hommage aux femmes, hommes ,personnes âgées,et enfants expulsés cet hiver 1975, froid et brutal.
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