Amina Chicha, l’artiste qui fait parler les lettres

Jusqu’au 14 octobre, la plasticienne et calligraphe investit le Bastion Bab El Kébir des Oudayas, à Rabat, avec « Quand la lettre se met à parler ». Une exposition où l’écriture arabe se libère de la page pour devenir mouvement, couleur et émotion.

Il fallait un lieu chargé d’histoire pour accueillir un tel dialogue entre tradition et modernité. C’est entre les murs séculaires des Oudayas qu’Amina Chicha a inauguré sa nouvelle exposition individuelle, devant un public d’amateurs d’art, de passionnés de calligraphie et d’acteurs culturels venus découvrir son univers.

Quand l’écriture devient matière

Dans ses toiles, la lettre arabe ne se contente plus d’écrire. Elle danse, vibre, s’enroule dans la couleur et s’invite au cœur de compositions où formes et teintes s’entrelacent. L’artiste en fait un élément visuel vivant, porté par le rythme et le mouvement. Le visiteur est ainsi invité à regarder au-delà du signe pour en saisir la présence, mais aussi la mémoire, l’identité et la dimension spirituelle qu’il recèle. Une invitation à la contemplation, à mi-chemin entre l’héritage de la calligraphie et l’audace des arts plastiques.

Un parcours au long cours

Diplômée de l’École supérieure des beaux-arts de Casablanca, Amina Chicha est à la fois plasticienne, calligraphe et designer graphique. Son talent a franchi les frontières : de la France à la Belgique, des Pays-Bas à l’Italie, en passant par la Tunisie, la Jordanie, l’Irak, l’Égypte ou Djibouti, elle a représenté le Maroc lors de nombreuses manifestations artistiques. Distinguée en 2019 par un certificat de mérite artistique du Luxembourg Art Prize, elle a également siégé de 2017 à 2025 au jury du Prix Mohammed VI de l’art de la calligraphie. En 2014, elle coordonnait l’exposition « Éclats de la lettre » de la Fondation de la Mosquée Hassan II, honorée d’une visite royale. Plus récemment, elle a exposé à la Maison du Maroc à Paris, puis en solo à Maubeuge cette année.

Transmettre avant tout

Mais Amina Chicha n’est pas de celles qui gardent leur art pour elles. Enseignante et formatrice, elle anime des ateliers de calligraphie et d’arts plastiques destinés aux femmes, aux enfants et aux personnes en situation de handicap. Une manière de rappeler que la beauté de la lettre appartient à tous.

Avec « Quand la lettre se met à parler », l’artiste signe une nouvelle étape de son parcours, celle d’une écriture résolument contemporaine qui célèbre la richesse culturelle et humaine de la calligraphie arabe.

Exposition visible jusqu’au 14 octobre 2026, du mardi au samedi, de 10h à 18h, au Bastion Bab El Kébir des Oudayas, Rabat.

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