La Fédération des ligues des droits des femmes, et le réseau- Injad-LDDF ont présenté le rapport sur les violences en 2017. Nabila Jallal du réseau Injad répond à nos questions sur ce rapport aux chiffres alarmants, sur la nécessité de prise en compte et de l’accompagnement socio-économique et dans la prise en charge globale des femmes. Entretien.
Parlez-nous du Réseau « Femmes Solidaires », un des réseaux les plus puissants en matière de plaidoyer, de lobbying et de travail de proximité dans le domaine de la lutte contre la discrimination et la violence à l’égard des femmes ?
-Il faut juste rappeler que ce rapport a été réalisé en coordination avec le réseau Femmes Solidaires dans plusieurs régions du Maroc en partenariat avec Gender Diversity Information Equalit, Women’s concil in denmark Kvinderadet et le programme de partenariat Dano-Arabe. Le Réseau « Femmes Solidaires »qui regroupe un grand nombre d’associations locales dans diverses régions rurales et urbaines du Maroc a été crée, par une initiative de la FLDF, depuis 2006, et assure depuis la coordination de ses actions. Ce réseau a contribué, en tant qu’acteur du mouvement social des femmes, à la réalisation de plusieurs acquis , que ce soit dans le domaine du renforcement de la participation et de la représentativité politique des femmes, l’égalité et la parité et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Les plus importants des acquis, ce sont reflétés dans la Constitution de 2011.
Le rapport parle de prestation de services, de suivi, de soutien et d’hébergement des femmes victimes de violence?
-Le rapport illustre aussi les services attribués par les différents intervenants dans le domaine et plus spécifiquement les cellules de prises en charge des femmes victimes de violence au niveau du tribunaux, de la police et de la gendarmerie et aussi au niveau des hôpitaux. Puisque ces cellules sont considérées comme un lien entre le tribunal, les victimes et les institutions publiques pour présenter un ensemble d’aide juridique, sanitaire dont l’objectif est la rapidité de traitement des dossiers de violence et qui assure en même temps les services administratifs aux victimes. A partir du travail de terrain des centres d’écoute et son appartenance qui lui permet le suivi du travail des cellules de manière continue, un ensemble de points positifs qu’il faudrait soulever et encourager, parmi ces points on peut citer :l’accueil quotidien des femmes pour présenter les plaintes, l’ouverture et la coordination avec la société civile et surtout avec les associations des droits des femmes dans le domaine d’aide aux femmes victimes de violence, la rapidité de faire suivre les plaintes à la police judiciaire.
En contre-partie, le rapport comporte des points négatifs?
Certains points négatifs ont été également soulevés de nature structurel et qui doivent être réformer de manière radicale lié à la mise en place des lois cadres de la protection des femmes contre la violence et des politiques publiques pour leurs mise en œuvre ; et d’autres sont liés à la mise en œuvre des des lois actuelles et parmi ces points on peut citer : l’insuffisance des ressources humaines, l’absence de l’approche genre et l’approche droit dans le traitement du phénomène de la violence basée sur le genre ; la formation insuffisante pour les travailleurs dans le ministère public dans le domaine . D’autres points négatifs l’obstacle de la langue pour les femmes amazighes qui viennent aux tribunaux ; se baser sur le principe de réconciliation et de pression sur les femmes pour abandonner leurs plaintes, ce qui porte un grand préjudice à leurs droits ; octroyer des certificats médicaux avec un taux d’handicap loin de l’ampleur de la violence vécue par les femmes ; la prévalence de certaines pratiques irresponsables pour l’obtention des certificats médicaux ;le travail de contrôle de justice ( police et gendarmerie) ne suit pas les efforts déployés au niveau des tribunaux pour améliorer le travail des cellules .Malgré tout ca, l’évolution du travail des cellules et des commissions dépend d’une mise en place de stratégies et de plans exécutifs capables de rendre son rôle efficace dans la lutte contre la violence basée sur le genre en leur attribuant des mécanismes de travail claires et efficaces. Le travail de ces cellules ne permet pas la prise en charge des femmes victimes de violence et de leurs enfants en absence de lois et de procédures permettant des interventions responsables et efficaces de plusieurs secteurs gouvernementaux concernés.
Quelques remarques sur la loi 103/13 ?
A partir des données et constats précités nous tenons à présenter nos remarques en tant que Réseau « Femmes solidaires » sur la loi 103/13, que nous considérons comme une loi non indépendante mais une partie du code pénal, dont on revendique toujours la réforme de sa philosophie et ses procédures de manière qu’il convient aux revendications actuelles, aux transformations sociales, à l’approche droits humains, et à l’égalité homme -femme
