Bouchra Khnafou expose «Palimpseste de l’exil » au Rivages

Du 18 décembre au 18 janvier 2026,l’Espace Rivages, à la Fondation Hassan II pour les MRE présente l’exposition de la marocaine Bouchra Khnafou ,résidant au Qatar. Diplômée de l’École Supérieure des Beaux-Arts de Casablanca en 2002, Bouchra Khnafou réside au Qatar où elle est enseignante d’arts visuels. Elle a exposé au Qatar, Bahrain, en Europe.

L’artiste Khnafou applique l’art des contrastes à travers des oppositions de couleur, de forme et de texture. La masse et le vide structurent ses toiles  dans un rythme visuel harmonieux où l’équilibre est subtilement maintenu. Extraits d’une rencontre accordée par l’artiste à notre confrère e.taqafa.

E-taqafa : Comment structurez-vous vos tableaux ?

Bouchra Khnafou : La composition artistique de mes peintures découle d’une exploration minutieuse du rapport entre la masse et le vide. Je commence toujours par expérimenter une composition qui m’inspire un sentiment d’harmonie intérieure. Ensuite, je travaille à découper la toile et à la recoller à de nouveaux endroits, comme si je démantelais la surface de l’œuvre et redistribuais son énergie sur la toile. Cette manipulation de la surface me permet de créer un rythme visuel fondé sur l’équilibre entre les éléments collés et les espaces vides. Pour moi, le vide n’est pas simplement blanc, mais plutôt une lumière vivante qui permet aux masses de se manifester et à leur présence d’émerger. Lorsque cet équilibre est atteint – entre texture et immobilité, entre plénitude et blancheur – je sens que la peinture a trouvé sa propre structure et son rythme ultime.

E-taqafa : Vivre l’éloignement du Maroc, ceci a marqué votre création?

Bouchra Khnafou : L’éloignement du Maroc a transformé ma créativité. Vivre ailleurs, m’a offert un espace pour réfléchir à mes racines sous un angle différent. Les couleurs, la lumière et les symboles marocains ont commencé à s’intégrer plus profondément et subtilement à mon travail. La distance m’a également permis de développer une nouvelle sensibilité aux détails que je tenais auparavant pour acquis. En d’autres termes, la distance n’a pas rompu mon lien avec le Maroc ; au contraire, elle l’a rendu plus présent.

E-taqafa : La création au féminin, a -t-elle des particularités ?

Bouchra Khnafou : La créativité au féminin occupe une place particulière, non pas parce qu’elle diffère par essence de la créativité en général, mais parce qu’elle enrichit la scène artistique d’une vision, fruit de la diversité des expériences, des parcours et des perspectives des femmes sur le monde. Au Maroc, les artistes femmes se sont imposées dans le domaine des arts visuels, contribuant à enrichir la scène par une originalité stylistique et technique, une audace dans la recherche et une diversité d’approches, qu’il s’agisse des matériaux, de l’espace ou des sujets abordés. Cette singularité ne tient pas au genre, mais plutôt à la profondeur de leur vision et à leur dévouement au développement de leur langage artistique, ce qui a valu à leurs œuvres une large reconnaissance, tant au Maroc qu’à l’étranger.

E-taqafa : Que représente pour vous cette exposition à l’Espace Rivages ?

Bouchra Khnafou : Plus qu’une simple présentation de mon travail, cette exposition est un retour symbolique à mes racines, un pont qui me reconnecte à la mémoire d’un lieu, ce Maroc qui a vu naître mes débuts et ma première inspiration. Je pense que l’Espace Rivages reconnecte l’artiste résidant à l’étranger à sa culture d’origine et offre à son travail l’opportunité de s’épanouir à nouveau dans son terreau naturel. Cette exposition est pour moi un moment de rencontre pour partager mon parcours artistique avec le public de mon pays et une occasion de célébrer ces liens invisibles qui unissent l’artiste

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