Le documentaire “Fatna, une femme nommée Rachid” présenté à Tétouan

Le documentaire “Fatna, une femme nommée Rachid” d’Hélène Harder a été projeté, vendredi soir à l’Institut français de Tétouan, en présence de la protagoniste du film, Fatna El Bouih, de la réalisatrice, ainsi que de nombreux amateurs du septième art, intellectuels et militants des droits humains.

Tout commence dans le Maroc des années de plomb. Fatna El Bouih, jeune militante, est arrêtée, emprisonnée et placée derrière les barreaux sous le nom de « Rachid » — un prénom masculin qui lui sera imposé pour effacer son identité. Des décennies plus tard, à 67 ans, Fatna Bouih livre à la réalisatrice Franco-Allemande Helene Harder son quotidien et son combat pour la dignité et la justice sociale.

Le documentaire suit Fatna aujourd’hui, au cœur de ses engagements : accompagnement de femmes survivantes de la prison syrienne de Saidnaya, défense des droits des détenues, organisation d’un festival de cinéma pour les mineurs incarcérés. À travers ses trajets dans Casablanca, le film révèle une femme dont le combat n’a jamais cessé malgré les blessures profondes du passé.

L’une des grandes forces du film tient dans son usage méticuleux de documents d’archives, restaurés notamment par la Cinémathèque Marocaine. Ces images, mêlées à des prises de vues contemporaines, créent un pont sensible entre l’histoire collective du Maroc et le parcours personnel de Fatna. La voix off — écrite par Fatna elle-même avec Hélène Harder — tisse un récit empreint de lucidité, de douleur, mais aussi d’espérance.

Le film se pose comme un témoignage essentiel, visant à inspirer les générations futures et à mieux comprendre les résistances individuelles ayant contribué à l’évolution de la société marocaine.

Lors de sa projection à Tétouan, en présence de Fatna El Bouih et d’ d’Hélène Harder, la militante des droits humains et écrivaine marocaine, Fatna El Bouih, a souligné que ce documentaire constitue un pont entre le passé et le présent, retraçant un parcours à la fois individuel et collectif lié aux années 1970, marquées par une intense dynamique politique et sociale, ainsi qu’un fort engagement de la jeunesse en faveur des causes du changement et de la construction démocratique.

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