Du 2 au 6 juillet 2026, la cité ocre sera, une fois de plus, le cœur battant d’une nation qui danse pour ne pas oublier qu’elle est éveillée depuis déjà des décennies.

Palais Badiâ, La Splendeur des ruines sous les étoiles
Il est des lieux que le temps n’a pas détruits ; il les a révélés. Bâti au XVIe siècle par le sultan Ahmed el-Mansour, que ses contemporains nommèrent le Doré pour l’éclat éblouissant de ses victoires. Le Palais Badiâ fut jadis la merveille des merveilles : ambassadeurs d’Orient et d’Occident s’y perdaient dans des jardins traversés de canaux où se miraient les reflets du ciel. Les siècles en ont fait une magie : des murailles couleur de sang séché ouvertes sur l’infini du firmament, des arcades sans plafonds où les cigognes nichent en silence, un espace où le vide lui-même a une présence.
C’est là, dans cette grandeur décharmée, que se tient le spectacle principal du festival, sous la voûte d’un ciel sans frontières, sur une scène que l’histoire a consacré avant même que les premiers artistes arrivent, il y’a 55 ans. Les soirées du Badiâ est une expérience que l’on reçoit, la laissant s’inscrire dans les âmes.

La Nuit des Stars : Hommage à Zina Daoudia
Parmi les soirées qui marqueront cette 55ème édition, l’une brille d’un éclat particulier. La Nuit des Stars rendra hommage à Zina Daoudia ; cette voix inimitable qui incarne à elle seule la joie viscérale du chaâbi marocain. Son timbre chaud comme la terre d’été, ses refrains qui traversent les générations et les frontières sans jamais vieillir. Zina Daoudia est l’une de ces artistes rares dont l’œuvre appartient non pas à une carrière mais à une mémoire collective.
Lui rendre hommage ici, dans la cité ocre, sous les cieux de Marrakech, c’est reconnaître que la culture populaire a ses artistes féminines ; et qu’elles méritent d’être célébrées avec toute la ferveur qu’elles ont consacrée à leur art.