Livres : 5 autrices marocaines à lire absolument cet été

Pour cet été, on opte résolument pour des autrices féminines et des livres aussi féministes qu’engagées. Découvrez notre sélection.

Madame Bovary, ma mère et moi de Samira El Hayachi

Quand le médecin lui demande: “Avez-vous des antécédents familiaux?”, Salwa reste muette. Elle réalise qu’elle ne sait presque rien – ni des maladies des femmes de sa lignée, ni de leur histoire, ni de ce qui, dans leur corps, s’est transmis au sien. En elle résonnent pourtant des douleurs sans nom, une envie folle de vivre, le silence d’une mère… et l’écho d’Emma Bovary, étudiée au lycée. De ce silence naît une quête. Entre une mère et sa fille se déploient les secrets, les exils, les non-dits, mais aussi un chemin pour se retrouver, enfin.
Dans ce cinquième roman lumineux, à la forme hybride, Samira El Ayachi signe une œuvre de filiation et d’émancipation, à la fois hymne à l’amour et à la littérature. Elle revisite le lien éternel entre mères et filles et explore avec finesse un angle mort de notre histoire collective : la santé mentale des femmes arrivées en France avec le “regroupement familial” au tournant des années 1980.

 Le sens de la fuite de Hajar Azell

Alice, jeune reporter, fait ses armes à Beyrouth en 2010, puis au Caire en 2011. Sur la place Tahrir, elle rencontre Bassem, un journaliste avec lequel elle connaît une passion attisée par la ferveur politique. Alice veut être là où s’embrasent les révolutions du printemps arabe. Elle poursuit cette quête sans relâche, jusqu’à éprouver ses limites en Syrie. Lorsqu’elle rentre à Paris, une rencontre inattendue la mène en Algérie sur les traces de ses origines.

Portrait d’une jeune femme vibrante, assoiffée de vie, à l’écoute des tensions du monde, ce deuxième roman très maîtrisé d’Hajar Azell explore avec passion les thèmes de la fuite et de l’exil. Il nous plonge au coeur d’un Liban crépitant d’une énergie joyeuse et cosmopolite, de la révolution qui secoue l’Égypte et d’une Algérie aux rêves en suspens.

“Ce que je sais de monsieur Jacques” de Leïla Bahsaïn

“Ce que je sais de monsieur Jacques” est le troisième roman de l’écrivaine franco-marocaine Leïla Bahsaïn. Le roman raconte l’histoire de Loula, une adolescente qui observe un défilé de jeunes garçons vulnérables se rendant chez M. Jacques, un Français installé à l’étage. Le roman explore des sujets longtemps restés tabous, tels que la domination, la pédophilie et les violences faites aux enfants. À travers le regard de Loula, le récit dénonce la chaîne des dominations sociales et économiques, où les enfants issus de milieux défavorisés sont souvent les premières victimes des adultes. Leïla Bahsaïn dresse ainsi le portrait d’une société marocaine en pleine transformation, divisée entre quartiers aisés et médina, en mêlant habilement gravité, truculence et révolte adolescente

Souviens-toi des abeilles de Zineb Mekouar

“C’est tout petit, une abeille, tout petit, ça ne devrait pas mourir pour une histoire de terre qui s’assèche, ça ne devrait pas mourir, une abeille ; c’est comme un enfant malade, une mère qui ne reconnaît plus son fils, ça ne devrait pas exister, ces choses-là ; des injustices qui brisent tout à l’intérieur, qui nouent le ventre et nous laissent sans souffle. Impuissants. Comment expliquer cela à Anir ? Comment ?”

Anir a dix ans. Il aime les aigles qui font de grands cercles près des nuages et les histoires que lui raconte son grand-père, surtout celles qui concernent le rucher du Saint — le plus ancien rucher collectif du monde —, perché sur un flanc de montagne du Haut Atlas. Le jeune garçon, sous la chaleur écrasante du sud du Maroc, apprendra à s’occuper des abeilles et à aimer cette terre rouge, aride, de plus en plus silencieuse. Il ne se doute pas que derrière les légendes de son village et l’obsédante berceuse de sa mère se cache un lourd secret de famille.

 

 

Je me regarderai dans les yeux de Rim Battal

À dix-sept ans, à l’âge des romans à l’eau de rose, des serments d’amitié et des poèmes de Rimbaud, une jeune fille fume une cigarette à la fenêtre de sa chambre. Cette transgression déclenche la violente fureur de sa mère – puis, comme un envol effaré, la fugue de la narratrice. Un ultimatum lui est alors posé : elle devra produire un certificat de virginité. L’examen gynécologique forcé sera sa « première fois ». Comment sortir de l’enfance quand tous les adultes nous trahissent ? Comment aimer quand ceux qui nous aiment nous détruisent ? Porté par une écriture puissante qui n’oublie ni l’ardeur ni la drôlerie, le récit de Rim Battal dit les premières fois, le désir, la générosité et la force qui président à la naissance d’une femme et d’une écrivaine.

 

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