Hakima Jerrari :“le monde de l’art est une aventure magique”

Hakima Jerrari :“le monde de l’art est une aventure magique”

Le parcours artistique  de Hakima Jerrari a commencé après le décès de sa mère “Ma mère était si belle, que je voulais immortaliser son doux visage par la réalisation de son portrait, et le garder en souvenir pour mes enfants et petits-enfants” . Mais sa déception fût grande lorsque le peintre chargé du portait n’a pas vraiment répondu à ses attentes. Elle décida alors de faire elle-même le portrait de sa mère, tout en sachant qu’elle n’a jamais tenu un pinceau entre les doigts. Entretien

Hakima Jerrari

Parlez-nous de votre parcours artistique  et de  vos principales expositions?

Hakima Jerrari : Je suis née  à Meknès. Je suis économiste de formation, enseignant-chercheur, et membre du club des arts plastiques et de la photographie. En 2005, j’ai intégré l’atelier d’un grand maître, l’artiste peintre  Karmadi, qui m’a initiée à la peinture, et à la création artistique, et aux différentes techniques, et j’ai découvert en moi une véritable passion pour ce monde merveilleux de l’art. Le monde de l’art est pour moi, une aventure passionnelle et magique. Les formes et les couleurs m’ offrent un grand espace de liberté où mes pinceaux se  déchainent et  cherchent à se réaliser, d’abord dans le figuratif avec la nature morte dans tous ses états , pour aller vers le semi figuratif où mon inspiration et ma créativité sont au plus haut, avec les silhouettes , les sous-bois , la mer, les rochers , les galets pour essayer d’approcher  et d’explorer l’art abstrait dans toute sa grandeur et sa profondeur .Ma 1ère exposition collective ,dont je garde un très bon souvenir et un sentiment de fierté ,était en 2005  au centre culturel de l’Agdal à Rabat , « Première rencontre », en compagnie de tous les élèves de l’atelier « Karmadi». Puis d’autres  ont suivi, je cite celle organisée par l’association Ribat  Al Fath, lors de son florilège culturel en 2019 « L’art plastique au féminin » à la bibliothèque nationale de Rabat.La toute dernière, pour le 8 mars, « Femmes à l’honneur » dans l’espace Mega Mall à Rabat.  En ce mois d’avril 2021, je participe à deux expositions avec les élèves de l’atelier « Karmadi»  l’une  à l’hôtel THE VIEW, et l’autre à l’espace de l’ICESCO. Je participe également à une exposition (en attente) de chevalets à la fondation de la mosquée Hassan II à Casablanca.

 Quelles sont les techniques que vous utilisez pour peindre? 

Hakima Jerrari : J’utilise différentes techniques , la peinture à l’huile , l’acrylique  au pinceau , au couteau , le collage , le transfert, avec des materiaux comme le sable .Ma démarche aujourd’hui oscille entre semi figuratif et impressionnisme en utilisant différentes techniques, et  en intégrant  différents jeux de couleurs. Les formes rondes ou semi rondes, plates ou en relief me fascinent et m’impressionnent. C’est pour cela que mes travaux ces derniers temps portent essentiellement sur les rochers et les galets  sous toutes leurs facettes.

Comment avez-vous vécu le confinement en tant qu’artiste?

Hakima Jerrari : Pour moi le confinement  était une pause forcée pour réfléchir profondément sur mes besoins essentiels, et  revoir mes priorités.En tant qu’artiste, j’ai vécu une aventure formidable, avec d’autres femmes artistes, en se lançant un défi  initié par notre amie artiste El Batoul Bargach ,«Défi Je Peins Chez Moi 2020 ». C’est un projet qui a réunit 10 femmes artistes, chacune était invitée à produire une toile par semaine sur un même thème, et un jury multidisciplinaire, nommé « jury d’amour », a choisi  la meilleure œuvre. Une grande fierté pour moi puisque sur les 13 défis j’en ai remporté 3 . Du 21 mars au 14 juin,  nous avons donc donné libre cours à notre créativité, et nous nous sommes exprimées artistiquement sur nos états d’âme du moment. Une centaine d’œuvres ont ainsi été réalisées pendant le confinement. Cette belle expérience  était couronnée par une exposition collective à la galerie Free-Arts de la fondation ALECA.  L’aventure était si exaltante qu’un 2ème défi a vu le jour  en août 2020, toujours initié par notre amie EL Batoul Bargach .« Artistes Citoyennes & Fen » avec cette fois-ci une vingtaine de femmes artistes et la réalisation d’une toile par mois sur des thèmes approuvés au préalable  par le groupe. Une exposition virtuelle est prévue pour chacun des thèmes.

Sur quel projet travaillez- vous actuellement ?

Hakima Jerrari : Ayant travaillé pendant longtemps sur des petits formats, du figuratif à l’impressionnisme,  je prépare actuellement une collection grand format,  où je voudrais  explorer de plus près  l’art abstrait , une nouvelle représentation du réel, un nouveau langage de l’émotion  tout en libérant, le mouvement , la touche, les formes et les lignes. Se libérer du figuratif pour rendre  compte de l’essence invisible des choses.

Un autre projet qui me tient à cœur et qui vient appuyer ma performance  en tant que coach en développement  personnel, est mon inscription à  une formation portant sur l’art-thérapie. Cette formation permet d’appréhender l’art dans ses différentes applications socio- psycho- culturelles. L’art-thérapie est une technique thérapeutique par les arts, elle  utilise la création artistique (dessin, peinture, sculpture, musique …….) à des fins thérapeutiques. Je  peux encore mieux accompagner  les personnes  en difficulté (adultes et enfants ) grâce à la peinture. 

Mon objectif est de continuer à progresser, et à utiliser les différentes techniques qui me parlent, qui bousculent mon énergie créative, et qui subliment mon regard sur les choses de la vie. 

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