L’ADFM dénonce les injustices et inégalités subies par les femmes en temps de crise

L’ADFM dénonce les injustices et inégalités subies par les femmes en temps de crise

L’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) a publié un bilan peu éloquent pour la gent féminine. Les données statistiques et indicateurs nationaux émanant de différentes parties et institutions s’accordent à confirmer la situation préoccupante de la condition des femmes marocaines en matière d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi,  à la justice, à la protection sociale et aux postes de décision aussi bien au niveau politique que  professionnel.

Pour l’association, cette crise sanitaire a réaffirmé  le gap existant entre les hommes et les femmes en termes de jouissance et d’accès aux ressources, aux services publics, à la sécurité et à la protection « La crise sanitaire a notablement renforcé les inégalités entre les sexes dans notre pays. Elle a mis à nu  les insuffisances des réformes entreprises en termes d’inclusivité et d’intégration des droits des femmes dans les lois et les politiques publiques et révélé les défaillances structurelles des mécanismes de coordination, recours et protection des femmes victimes de violence ».

Chomage, violence , déperdition scolaire!

En effet, le taux d’activité féminine qui a drastiquement chuté en l’espace de deux décennies, en passant de 30, 4 % en 1999 à 19,9% actuellement, s’est vu davantage décroitre en raison de la crise sanitaire et de son impact immuable sur l’économie. « En effet, les travailleuses, principalement celles du secteur informel, qui vivent de revenus journaliers, se sont retrouvées sans salaire et sans protection sociale et ont augmenté le nombre de femmes vivant dans la précarité et la vulnérabilité ». Les  femmes cheffes de ménage ont été particulièrement confrontées à une situation de vulnérabilité en raison de la perte de travail et de la pression des tâches ménagères. Elles ont eu du mal à assurer un niveau minimum de stabilité, de soins de santé et d’éducation à leurs enfants. La majorité n’ayant pas bénéficié des aides de l’État comparées à leurs concitoyens hommes.

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La violence faite aux femmes et aux filles a augmenté substantiellement .  « Le dernier rapport du Haut-Commissaire au Plan (HCP) corrobore d’ailleurs cet état des lieux puisqu’il révèle que durant la pandémie, les  femmes ont été victimes de différents types et formes de violence, avec des répercussions psychologiques résultant de l’anxiété, des troubles du sommeil, des comportements obsessionnels et de la peur.Ces éléments confortent le constat des ONG féministes quant à l’inefficacité et l’inefficience des dispositions de la loi 103-13 relative à la lutte contre la violence faite aux femmes ».

Le décrochage scolaire des filles s’est accru!

La crise sanitaire a mis en évidence les disparités sociales, les inégalités des chances et les discriminations basées sur le genre, impactant notamment les  apprenant-e-s issues de milieux défavorisés, semi-urbains, ruraux, et des zones enclavées.  » Ces disparités ont été plus importantes selon que les ménages soient dirigés par des hommes ou par des femmes. Elles se sont en effet accentuées chez les enfants émanant de ménages dirigés par des femmes cheffes de familles et une proportion importante de leurs enfants, n’a pas pu poursuivre les cours du fait de la précarité et du manque de moyens logistiques nécessaires à l’enseignement à distance (smartphones, recharge, connexion internet…). De plus,les filles,sont souvent reléguées aux  tâches ménagères et privées d’assiduité scolaire engendrant l’accumulation d’un retard d’apprentissage qui ne sera pas sans impact sur  leurs parcours et leurs réussites scolaires » .

L’appel de l’ADFM !

Par conséquent, l’ADFM appelle les responsables et décideurs à : Accélérer les  réformes des lois discriminatoires en assurant leur harmonisation avec les dispositions constitutionnelles et les engagements internationaux du Maroc en matière des droits humains des femmes ; Elaborer de manière urgente et inclusive des politiques publiques intégrées pour l’effectivité de l’égalité entre les sexes aussi bien au niveau national que territorial ; Prendre conscience de l’impact déplorable de la crise sanitaire sur les femmes  et tirer les leçons requises  dans la reconstruction et dans l’élaboration des plans de relance de l’après COVID 19 de manière spécifique et plus globalement dans le nouveau modèle de développement ; Prendre en considération le point d’alerte lancé par le CESE et mettre en œuvre les recommandations pertinentes suggérées par cette institution constitutionnelle afin de corriger la situation actuelle qui place la femme marocaine en marge du développement.

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