Le jeudi, consacré au rap et au hip-hop, aura enregistré la plus forte affluence de cette édition, avec un Stade du R.U.C. plein pour acclamer des artistes marocains particulièrement attendus. DJ Mikebeatz23 a ouvert la journée en replongeant dans les fondamentaux du hip-hop. Le soir, Bo9al y a imposé son énergie brute face à un public entièrement acquis. DJ Fly a ensuite pris possession des platines avec un set de turntablism aussi précis qu’incandescent, avant de laisser place au rap de Figoshin, puis à Dizzy Dros, venu porter la soirée à son point culminant.

Le vendredi a fait la part belle aux scènes marocaines. Rhita Nattah y a dévoilé toute la singularité de sa voix et un univers déjà très affirmé, confirmant tout le potentiel d’une artiste à suivre de près. Bab L’Bluz a ensuite électrisé la scène dans un concert bouillonnant, où le guembri, les riffs, les chants et les rythmes se sont mêlés dans un même élan. Issam Kamal & Mazagan ont, eux, retrouvé leur public de L’Boulevard et renoué immédiatement avec lui, faisant danser le stade au son de leur chaâbi groove.
Le samedi a fait monter les décibels. Mycose of You a ouvert la soirée avec son mélange de hip-hop, ska et “punk halal”, avant de céder la place aux sonorités plus lourdes du metal. Suicide Machine (lauréats Tremplin rock/metal 2015) a retrouvé L’Boulevard avec son melodic death metal, avant que Sotherion ne pousse la soirée vers les territoires plus sombres du black metal. Puis Sepultura, de retour au festival seize ans après son premier passage, a retrouvé le public casablancais dans le cadre de son ultime tournée mondiale : un rendez-vous entre fidélité des premiers publics et nouvelles générations venues éprouver, à leur tour, la puissance du groupe brésilien en live.

La clôture du dimanche a poursuivi les croisements qui traversent L’Boulevard. Sur la pelouse du R.U.C, la fanfare Remork & Karkaba feat. Bnat Bambara ont fait se rencontrer cuivres et traditions gnawa, avant que sur scène, Omar EK ne prolonge ces circulations entre héritages nord-africains et musiques électroniques. Aziz Konkrite a livré un set d’une grande maturité, précis dans sa construction et riche dans ses textures. Kin’Gongolo Kiniata a fait monter l’énergie d’un cran jusqu’à entraîner une foule de plus en plus nombreuse dans la danse, dans l’un des moments les plus joyeux de la journée. Sarāb a fait dialoguer post-punk et maqâmât dans un concert dense et habité, avant que Zentone ne referme ces quatre jours dans les vibrations du reggae dub, tout en douceur.