Dans presque toutes les civilisations, le sang des règles demeure un tabou. La honte qui entoure ce cycle naturel de la vie plonge des femmes dans l’angoisse et la solitude. Le coût des protections hygiéniques, lourdement taxées, contribue à cette situation d’isolement des femmes.
On se rappelle que des sportives ont tenté de briser ce tabou en évoquant ouvertement le tabou des règles et les répercussions des menstrues sur leurs performances pendant les compétitions. Mais si la voix se libère de plus en plus autour de ce phénomène naturel, il ne faut pas oublier que beaucoup de femmes ne disposent pas de moyens pour se procurer des protections hygiéniques. Pour attirer l’attention sur cette situation, la féministe britannique Kiran Gandhi n’avait pas hésité à courir le marathon de Londres pendant ses règles sans aucune protection hygiénique.
Aussi, si les règles sont valorisées car signe de fertilité, on continue à enseigner aux filles l’importance de les cacher. Ainsi, pendant leurs règles, les femmes sont souvent jugées impures. Au Népal, par exemple, et jusqu’à une date toute récente, un rituel hindou appelée le « Chhaupadi »obligeait les femmes à vivre éloignées pendant leurs règles, dans un lieu isolé, les exposant à tous les risques et maladies. Aussi, un peu partout dans le monde, le tabou des règles doublé d’un sentiment de honte, plonge les populations dans
Pendant les règles, les femmes souffrent d’un autre problème, celui du manque de moyens pour se procurer serviettes hygiéniques et tampons indispensables. Mais si généralement, ce sont les jeunes filles africaines qui en souffrent et de ce fait s’absentent fréquemment de l’école (en moyenne cinq jours par mois), il s’avère, selon Freedom4Girls, une association britannique basée à Leeds, que les jeunes filles de ce pays manquent légalement l’école pendant leurs menstruations, à cause de la pauvreté et de la cherté de ces produits, lourdement taxés. Ainsi, dans un contexte où les règles surviennent de plus en tôt, vers 10 ou 11 ans, une femme utilise entre 10 000 à 15 000 protections et dépense, au cours de cette période, des sommes énormes (estimées à des milliers d’euros) pour se protéger.
Mais en plus de la taxation, ce sont les compositions des serviettes hygiéniques qui posent problème. On parle de substances chimiques tels que dioxines, formaldéhyde et autres pesticides de type glyphosate.
En somme, le combat doit continuer. Non seulement, pour tordre le cou à ce tabou mais aussi pour inciter les industriels à mettre à la disposition des femmes des protections hygiéniques de meilleure qualité, et sans taxation, car avoir ses règles n’est pas un choix, mais s’inscrit dans le cours naturel des choses.