La Journée mondiale du patrimoine audiovisuel est célébrée chaque 27 octobre sous l’égide de l’UNESCO. À New York, des spécialistes de la conservation audiovisuelle s’emploient à préserver des milliers d’enregistrements menacés par la dégradation.
Dans les sous-sols du Lincoln Center, à New York, une course contre le temps est engagée pour préserver plus d’un siècle de mémoire audiovisuelle. À la Bibliothèque publique de New York (NYPL), des ingénieurs et des spécialistes travaillent à restaurer et numériser des milliers de documents sonores et visuels dont les supports physiques se détériorent progressivement.
Films anciens, pellicules cinématographiques et bandes magnétiques sont confrontés à une menace grandissante. Avec les années, les matériaux se fragilisent, les images disparaissent et certains enregistrements deviennent de plus en plus difficiles à exploiter. À cette dégradation s’ajoute la raréfaction des appareils capables de lire ces anciens supports, ainsi que des techniciens maîtrisant leur fonctionnement.
Les collections conservées témoignent pourtant d’une richesse historique considérable. Elles comprennent notamment des films familiaux réalisés par le chanteur et militant Harry Belafonte, ainsi que des images des voyages de Malcolm X. Des documents précieux qui permettent de retrouver des fragments de vies, mais aussi de grandes pages de l’histoire contemporaine.
Une mémoire des Nations Unies à préserver
Parmi ces archives figure également un patrimoine sonore lié aux Nations Unies. Un enregistrement radiophonique réalisé en 1949, alors que l’Organisation avait encore son siège à Lake Success, constitue l’un des témoignages de cette mémoire. Destiné aux stations de radio et aux bureaux de l’ONU à travers le monde, ce document fait revivre une époque des premières années de l’Organisation.
D’autres travaux de numérisation concernent les archives du documentariste William Greaves, notamment celles consacrées à Ralph Bunche, diplomate américain et premier homme noir à recevoir le prix Nobel, en 1950, pour ses efforts de médiation au Moyen-Orient.
Sauver les supports, préserver l’Histoire
La sauvegarde de ce patrimoine ne dépend pas uniquement des techniques de restauration. Elle repose également sur la disponibilité d’équipements devenus rares et sur des compétences spécialisées de plus en plus difficiles à mobiliser. Certains appareils doivent même être conçus ou adaptés sur mesure pour permettre la lecture de documents anciens sans les endommager.
À travers ce travail minutieux, c’est bien davantage que des supports matériels qui sont préservés. Ce sont des voix, des images, des témoignages et des événements qui continuent ainsi de traverser les générations
(Source :ONU INFO)