Achoura, la fête des enfants et des traditions

Achoura, la fête des enfants et des traditions

Cadeaux, pétards, friandises et amusements… Le 10 Muharram est l’occasion de s’amuser aux rythmes des bendirs, taârijas et autres tam-tam. Les femmes chantent, dansent, se parent de leurs plus belles tenues et ornent leurs mains et leurs pieds de henné. Les enfants se prêtent à des jeux en tous genres.

Dans les écritures, Achoura a une double symbolique. Chez les Sunnites, cette fête correspond à une période de jeûne purificateur de deux jours. Le premier, a lieu le neuvième jour de Muharram, coïncidait avec la célébration de la Pâques juive. Aussi pour éviter toute confusion, le prophète a instauré un second jour de jeûn, le 10, « asara » en arabe d’où le nom de Achoura. Dans la tradition chiite, à cette signification initiale vient s’ajouter la commémoration de la mort de l’imam Hussein, petit-fils du Prophète et fils cadet du Calife Ali. Assassiné sauvagement par les Ommeyades, à Kerbala en Irak, les Chiites revivent chaque année la tragédie à travers des processions mortuaires et des scènes de flagellation décriées par les Sunnites.

Achoura dans la tradition 

Achoura, c’est la fête des enfants par excellence. Deux jours durant, nos petits ont carte blanche pour s’amuser et faire du bruit à tout-va. Habillés de neuf, les enfants reçoivent jouets, trompettes, tambours et bien sûr friandises. Les petites filles, comme leurs aînées, revêtent leur tenue de fête et ornent leurs mains et leurs pieds de henné. La nuit venue, des feux de joie, les « chouala » s’improvisent un peu partout en ville et l’on s’amuse à passer par-dessus.  Le lendemain, c’est « Zem-Zem » en référence au puits du même nom à La Mecque. Les plus coquins s’empresseront d’asperger les passants, amis et voisins. Pour les grands aussi, Achoura est l’occasion de se retrouver en famille autour des assiettes garnies de dattes, d’amandes et de noix. L’encens brûle jusqu’à l’aube. Toujours selon la tradition, un couscous au gueddid, de la viande de mouton séchée, composera le repas du soir. Le lendemain, toujours dans un esprit de charité et de partage, les adultes doivent s’acquitter de la Zakat, l’aumône obligatoire.

Baba Achour

Après avoir disparu pendant un siècle, Baba Aïchour est revenu dans certaines villes comme Casablanca ou Marrakech. Le fameux Baba Aïchour, accompagné d’enfants déguisés aux couleurs des légendes et des contes marocains déambulent à cette occasion dans les rues de la ville.
La légende raconte qu’à la veille de Achoura, Baba Achour, vieux monsieur aussi sage que vertueux, frappe aux portes des maisons pour recueillir des dons et des cadeaux pour ensuite les redistribuer aux enfants dans le besoin. C’est aussi un narrateur hors pair qui raconte des histoires fabuleuses aux enfants réunis autour du feu et leur offre une quantité folle de bonbons.

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