À l’occasion de la 23ᵉ édition du Festival International Morocco Storytelling – Forum des Conteurs du Monde, placée sous le thème « Si la patrie m’était contée », Najima Tay Tay ,directrice du festival, revient sur la portée de cette édition. Elle explique comment le conte devient un espace de transmission, de mémoire et d’engagement, au service d’un patriotisme fondé sur les actes, le partage et la responsabilité.
Pourquoi avoir choisi le thème « Si la patrie m’était contée » pour cette édition ?
Najima Tay Tay : Ce titre ouvre un horizon nouveau. Il nous convie à méditer notre lien à la patrie par le truchement du conte.C’est une invitation à redécouvrir la patrie à travers le pouvoir du récit. Le conte nous permet d’écouter les voix de la mémoire, les mythes fondateurs et les histoires qui ont façonné les peuples. Au-delà de leurs différences, les êtres humains se retrouvent dans ces récits qui donnent du sens à leur existence et nourrissent leur sentiment d’appartenance.
En quoi le conte peut-il renforcer le sentiment patriotique ?
Najima Tay Tay : Le conte transmet des valeurs, une mémoire et un héritage commun. Il rappelle que le patriotisme ne se résume pas à des discours ou à des slogans, mais qu’il se construit au quotidien par le travail, la transmission, le respect des autres et le sens des responsabilités.
Voilà les piliers d’un patriotisme agissant. Un patriotisme qui ne se proclame pas seulement, mais qui se bâtit. Pierre après pierre. Acte après acte. Conte après conte. Le récit devient ainsi un véritable vecteur de citoyenneté et d’engagement.
Cette édition donne la parole à Aïcha Kandicha. Quelle est la portée de ce choix ?
Najima Tay Tay : Aïcha Kandicha est l’une des figures les plus marquantes de l’imaginaire marocain. En lui donnant la parole, nous souhaitons réhabiliter la richesse du patrimoine oral et montrer que les légendes portent en elles une mémoire collective. Elles nous invitent à relire notre histoire, notre identité et notre culture avec un regard renouvelé.
La patrie vivra dans la voix d’Aïcha Kandicha devenue conscience. Elle vivra dans le sérieux de chaque jour. Elle vivra dans la cohésion des cœurs. Elle vivra dans la mémoire qui devient promesse.
Quel message souhaitez-vous transmettre au public à travers cette édition ?
Najima Tay Tay : Nous souhaitons rappeler que la patrie se construit autant par les actes que par les récits que nous partageons. Lorsque les conteurs venus des cinq continents échangent leurs histoires, les mémoires se rencontrent et les cultures se rapprochent. C’est ainsi que naît une vision de la patrie ouverte, généreuse et profondément humaine, où chacun trouve sa place dans le respect de l’autre et de son histoire.
Morocco Storytelling n’est pas seulement un événement culturel. C’est un acte de mémoire vivante. Un espace où les récits d’hier dialoguent avec les narrations d’aujourd’hui pour façonner l’imaginaire de demain. Où la patrie se dit au pluriel.
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