Santé des femmes : lexique des maladies féminines les plus courantes

Qu’elles soient gynécologiques, hormonales, chroniques ou auto-immunes, les maladies féminines ont longtemps été sous-estimées, mal diagnostiquées, voire ignorées dans les recherches cliniques. Ce lexique lève le voile sur ces troubles qui rythment, parfois bouleversent, le quotidien de millions de femmes.

Au-delà des différences anatomiques évidentes, les femmes présentent des particularités hormonales et métaboliques qui influencent leur santé tout au long de leur vie, de l’adolescence à la ménopause, en passant par les années de fertilité. Certaines sont liées aux organes reproducteurs féminins et aux hormones, d’autres s’expriment plus fréquemment chez les femmes pour des raisons biologiques, sociales ou encore culturelles. Ce lexique propose un panorama des troubles les plus fréquents pour mieux les comprendre.

 

Maladies spécifiquement féminines

Endométriose

Maladie inflammatoire chronique, elle se caractérise par la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de l’utérus. Ce tissu, ne pouvant être évacué, provoque des douleurs très intenses, souvent pendant les règles, et peut entraîner une infertilité. Elle touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer.

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Trouble hormonal courant affectant les ovaires : cycles irréguliers, acné, pilosité excessive, prise de poids ou encore difficultés à ovuler sont parmi les symptômes. Le SOPK est aussi associé à un risque accru de diabète de type 2 et concerne près de 10 à 15 % des femmes.

Fibromes utérins

Tumeurs bénignes se développant dans l’utérus. Ils peuvent provoquer des règles abondantes, des douleurs pelviennes ou des troubles urinaires. Leur traitement dépend de leur taille, localisation et du désir de grossesse.

Troubles menstruels

Ils regroupent les règles irrégulières, absentes, trop abondantes ou douloureuses. Ils peuvent avoir des causes hormonales, psychologiques ou pathologiques (endométriose, SOPK…). Un suivi gynécologique est essentiel.

Insuffisance ovarienne prématurée (IOP)

Arrêt du fonctionnement normal des ovaires avant 40 ans. Elle se manifeste par l’arrêt des règles, des troubles de la fertilité et des symptômes de ménopause précoce. Rare, elle nécessite un accompagnement hormonal et psychologique.

Maladie inflammatoire pelvienne (MIP)

Infection des organes génitaux internes (utérus, trompes, ovaires), souvent causée par une IST non traitée. Les symptômes sont parfois discrets, mais les conséquences peuvent être graves : douleurs chroniques, infertilité ou grossesse extra-utérine.

Vaginite & mycose vaginale

Infections fréquentes, souvent bénignes, causées par un déséquilibre de la flore vaginale. Elles se traduisent par des démangeaisons, des pertes anormales et des brûlures. La récidive doit inciter à consulter.

Vulvodynie

Douleur chronique localisée à la vulve sans cause apparente. Elle peut être continue ou déclenchée par le contact, rendant les rapports sexuels ou même le port de vêtements serrés très douloureux.

Pathologies liées à la grossesse et au post-partum

Diabète gestationnel & prééclampsie

Ces troubles apparaissent pendant la grossesse. Le diabète gestationnel est une intolérance au glucose transitoire, tandis que la prééclampsie associe hypertension et présence de protéines dans les urines, pouvant menacer la santé de la mère et du bébé.

Dépression post-partum

Différente du « baby blues », elle se manifeste par une profonde tristesse, une perte d’intérêt, de l’anxiété et un isolement, parfois accompagnée de pensées intrusives. Elle nécessite une prise en charge rapide.

Maladies plus fréquentes chez les femmes

Cystite (infection urinaire)

Très fréquente chez les femmes, en raison de leur urètre plus court. Elle se manifeste par une envie fréquente d’uriner, des brûlures et douleurs pelviennes. Bien que bénigne, la cystite peut devenir chronique.

Ostéoporose

Perte de densité osseuse qui fragilise les os. Elle touche majoritairement les femmes après la ménopause, à cause de la chute des œstrogènes. Prévention : alimentation riche en calcium, activité physique et dépistage.

Migraine

Les femmes représentent 60 à 70 % des personnes migraineuses. Les fluctuations hormonales (puberté, règles, grossesse, ménopause) en sont un facteur aggravant. La migraine peut devenir invalidante si elle est fréquente.

Dépression

Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes. Les phases hormonales (cycle, grossesse, post-partum, ménopause) peuvent jouer un rôle, mais aussi les facteurs sociaux, le stress et la charge mentale.

Fibromyalgie

Syndrome douloureux chronique touchant majoritairement les femmes. Il associe douleurs diffuses, fatigue, troubles du sommeil et anxiété. Sa cause est encore mal connue, mais elle impliquerait un dérèglement de la perception de la douleur.

Maladies auto-immunes

Près de 80 % des malades sont des femmes. Ces pathologies, comme le lupus, la sclérose en plaques ou la thyroïdite d’Hashimoto, surviennent lorsque le système immunitaire attaque l’organisme. Les hormones sexuelles féminines pourraient en partie expliquer cette surreprésentation.

Cancers spécifiquement ou majoritairement féminins

Cancer du sein
Le plus fréquent chez la femme. Il touche 1 femme sur 8 au cours de sa vie. Un dépistage par mammographie est recommandé tous les deux ans à partir de 50 ans (ou plus tôt en cas de facteur de risque).

Cancer de l’ovaire

Plus discret que le cancer du sein, ses symptômes sont souvent tardifs (ballonnements, douleurs, troubles digestifs). Il est difficile à détecter précocement et son pronostic dépend du stade au diagnostic.

Cancer du col de l’utérus

Presque toujours lié à une infection persistante au papillomavirus humain (HPV). Prévention : vaccination dès l’adolescence et frottis réguliers pour un dépistage précoce.

 

 

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